La montée du protectionnisme aux États-Unis met en lumière la dépendance de nombreuses entreprises québécoises et canadiennes envers le marché américain. Pour survivre dans cet environnement de guerre commerciale, elles devront investir dans leur productivité et diversifier leurs marchés d'exportation et d'approvisionnement. 

L’ancien premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson a agi en tant que négociateur en chef du gouvernement québécois lors des discussions qui ont mené à la signature de l’accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne, en octobre 2016, ainsi qu’à titre de conseiller stratégique du Québec pendant la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna).

M. Johnson s’inquiète de la menace que font peser les États-Unis sur le commerce mondial. « Le protectionnisme de Donald Trump découle d’un discours nationaliste qui prône une limitation de l’immigration et qui favorise un modèle économique très libéral, mais à l’intérieur de frontières protégées par des tarifs et par d’autres mesures protectionnistes, avance-t-il. Le protectionnisme est une véritable théorie économique, alors que le nationalisme à outrance et l’isolationnisme actuelle- ment à l’œuvre constituent plutôt des idéologies. »

Optimiste, M. Johnson ose espérer que la crise du protectionnisme amé- ricain ne durera pas plus longtemps que le premier mandat de Donald Trump, lequel prendra fin en janvier 2021. « Tout dépendra non seulement de l’importance du volet isolationniste dans le programme de Donald Trump mais aussi de l’influence que le monde économique pourra exercer sur lui afin de le convaincre que le repli sur soi ne peut avoir que des conséquences négatives », croit-il.

Près de 75 ans de mondialisation

Le courant de libéralisation des échanges commerciaux internationaux date de la fin de la deuxième Guerre mondiale et a connu une forte intensification.

« Traditionnellement, le recours au protectionnisme apparaît lors d’une crise économique parce que l’État veut protéger ses travailleurs et ses entreprises. »

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