Par ces temps de scandales à répétition, la projection d'une image irréprochable est une préoccupation dominante au sein des entreprises. Mais cela suffit-il ? À la fois état d'esprit managérial et modèle de gestion, l'éthique organisationnelle peut-elle, aujourd'hui, susciter un autre style de management ? Tour d'horizon. Myriam Jézéquel

Sans doute l’urgence du moment est-elle à protéger sa réputation, à éviter toute poursuite devant les tribunaux et même à échapper à une simple présomption de culpabilité. Au cours des dernières années, d’innombrables cas de corruption, de malversations, d’évasion fiscale, d’agression et de harcèlement sexuels ainsi que d’abus de confiance ont suscité une surexposition médiatique dévastatrice pour l’image des entreprises.


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Devant ce constat, de deux choses l’une : « Ces scandales peuvent être traités comme des cas isolés – ce qu’on appelle des pommes pourries – d’individus avides de contourner ou de transformer les règles du jeu pour servir leurs intérêts, ou alors on peut considérer l’éthique de façon plus systémique en limitant les excès de la spéculation. Cette seconde voie est très peu empruntée de façon volontaire par les entreprises et par le milieu politique », fait observer Emmanuel Raufflet, professeur titulaire au département de management de HEC Montréal et expert en responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

La vraie mesure des enjeux planétaires

D’après M. Raufflet, l’accélération des changements climatiques nous presse de passer à une posture résolument plus énergique que défensive, à la hauteur des problèmes mondiaux de l’heure. Cette urgence s’est notamment exprimée en juillet 2018, lorsque l’ONG Global Footprint network a annoncé qu’au 1er août suivant, l’humanité aurait déjà consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut produire en un an. Ce « jour du dépassement de la terre » devenant de plus en plus hâtif chaque année, « c’est une façon de dire que l’humanité tend à vivre à crédit », souligne M. Raufflet1.

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