Des indicateurs économiques positifs, un taux de chômage historiquement bas et un niveau d'emploi record : l'économie québécoise tourne à plein régime. Toutefois, ces bonnes nouvelles sont symptomatiques d'un autre phénomène : un marché du travail très compétitif où les entreprises peinent à dénicher les talents. Inventaire des défis de l'heure. 

La solide croissance affichée par l’économie du Québec a des effets sur l’emploi. À cela, il faut ajouter des facteurs démographiques comme le départ à la retraite de la vaste cohorte de baby-boomers et la diminution de la population active. Résultat : en août 2018, le taux de chômage dans la province s’élevait à seulement 5,6 %1, avec une moyenne mensuelle de 5,5 % depuis le début de l’année et un gain de 53 800 emplois comparativement à la même période en 2017. Ce creux historique, inédit depuis 1976 – année où on a commencé à comptabiliser ces données –, se conjugue à un autre record : un taux d’emploi de plus de 84 % pour la tranche des 25-54 ans. À la clé, un marché du travail très vigoureux, au point où certains experts avancent même un diagnostic de plein emploi. Autrement dit, tous ceux qui souhaitent travailler le peuvent, du moins en théorie.

Dans ce ciel sans nuages se profilent toutefois des défis considérables en matière de main-d’œuvre. Voici ce qui attend les gestionnaires au cours des prochaines années, avec quelques pistes de solution.


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Le casse-tête du recrutement

Parmi les difficultés auxquelles les gestionnaires doivent déjà faire face – et elles vont s’amplifier à moyen terme – figurent en tête de liste l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre, indique Alain Gosselin, professeur titulaire au département de gestion des ressources humaines de HEC Montréal. « Le marché de l’emploi va devenir de plus en plus compétitif. Il y a une logique mathématique derrière cette réalité, tout simplement parce que la population active diminue. Mais il y a aussi une question de logique qualitative dans la mesure où les attentes envers les employés des entreprises ne cessent de croître », précise-t-il. Ces exigences élevées alors que le bassin de main-d’œuvre disponible tend à rétrécir font en sorte que le recrutement est devenu un véritable casse-tête.

Sébastien Savard, sourceur de talents au sein de la firme Sourcinc, le confirme : « Il y a quelques années à peine, il suffisait d’afficher un poste pour recevoir des CV et faire le tri des candidatures. Aujourd’hui, les entreprises affichent et n’obtiennent aucune réponse. Or, les enjeux d’affaires sont importants, car les organisations perdent de l’argent si elles manquent de main-d’œuvre. Dans la fameuse “guerre des talents”, le talent a clairement gagné la guerre ! Les gestionnaires doivent donc impérativement revoir leurs méthodes de recrutement », estime-t-il.

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