Le constat est sans appel: nous devons produire beaucoup mieux avec beaucoup moins. Bien que la dématérialisation de nos économies contribue à atténuer l'utilisation des ressources naturelles, la consommation que nous en faisons ne cesse de croître. Si nous prétendons sérieusement réussir la transition énergétique, nos efforts devront être voués à une seule chose: la productivité des ressources. 

La numérisation est de toutes les conversations. Quatre entreprises en démarrage sur cinq ne font même que cela. Les technologies de rupture ont pour but de remplacer le travail physique par des opérations numériques. De prime abord, on pourrait croire qu’une telle substitution permettrait d’économiser l’énergie et les ressources minérales. Or, l’actualité nous réserve des surprises. Les célèbres bitcoins, une monnaie virtuelle, dépensent des quantités énormes d’énergie. L’écosystème numérique représente environ 7 % de la consommation mondiale d’électricité et atteindra les 12 % d’ici 2020, prévoit-on, pour ensuite croître de 7 % par an jusqu’en 20301. Une part substantielle de cette demande énergétique découle des besoins de refroidissement de l’équipement électronique, si bien qu’on envisage d’installer des centres de données près du cercle polaire arctique pour profiter de l’air froid et pour réduire les coûts en électricité.

Certes, la numérisation est un des grands moteurs du progrès au service de la prospérité. Mais d’autres défis cruciaux apparaissent qui exigeront autant d’attention. Je propose de braquer le projecteur sur la productivité des ressources (« de nouveau », devrait-on dire). Au début des années 2000, cette question revenait beaucoup dans les médias en raison de la flambée des prix des minéraux et du pétrole. La Chine et d’autres pays émergents, qui faisaient alors une entrée fracassante sur le marché mondial des ressources minérales, semblaient insatiables. On s’attendait alors à voir les prix atteindre des niveaux stratosphériques. C’était compter sans la crise financière de 2008, qui a mis fin à cette tendance. Par la suite, tout le battage autour du numérique a fait oublier la question des ressources.

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