Bien que la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre soit généralement admise, plusieurs organisateurs ne considèrent pas la question énergétique comme une priorité. Comment convaincre leurs dirigeants de faire de la transition énergétique un enjeu stratégique ?

Au Canada, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la production et à la consommation d’énergie représentent plus de 81% des émissions totales. De plus, alors que les émissions totales ont augmenté de 18% entre 1990 et 2015, celles qu’on peut attribuer spécifiquement à l’énergie ont crû plus rapidement, progressant de près de 22 %, rappelle le rapport Perspectives énergétiques canadiennes 2018 – Horizon 2050, fruit de la collaboration entre le Pôle e3 de HEC Montréal et l’Institut de l’énergie Trottier de Polytechnique Montréal1.

Bonne nouvelle : certains secteurs d’activité, par exemple la production d’électricité et de chaleur, ont réussi à réduire leurs émissions de GES. Ainsi, en 2015, 81 % de la production d’électricité canadienne a été assurée par des sources à faibles émissions de carbone, notamment l’hydroélectricité, ce qui fait du Canada un bon élève dans ce domaine. En revanche, ces diminutions ont été entièrement annulées – et même bien au-delà – par les augmentations enregistrées dans l’industrie des transports ainsi que dans le secteur pétrolier et gazier à cause des activités d’extraction et de raffinage.

Pour relever le défi grandissant de la réduction des émissions de GES, les gouvernements fédéral et provinciaux ont défini un ensemble d’objectifs, de cibles et de stratégies. Parallèlement à la signa- ture de l’accord de Paris sur le climat et à l’annonce de la mise en œuvre du Cadre pancanadien sur la croissance propre et sur les changements climatiques (toutes deux en 2016), Ottawa a également adopté

l’Approche pancanadienne pour une tarification de la pollution par le carbone. Cette mesure permet aux provinces de créer un système de tarification directe (taxe sur le carbone, par exemple) ou un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission. Elle assure également une tarification minimale pour le carbone dans tout le pays.

Néanmoins, le rapport Perspectives énergétiques canadiennes cité plus haut déplore le fait que même si toutes les politiques actuelles étaient pleinement appliquées et donnaient les résultats souhaités, le Canada ne serait pas en mesure d’atteindre son objectif de réduction d’ici 2030, les émissions de GES canadiennes demeurant encore supérieures de 30 % à l’objectif fixé. Par conséquent, il est impératif d’aller plus loin.

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