En quoi les réseaux sociaux changent-ils la dynamique des campagnes électorales ? Comment les partis politiques peuvent-ils en tirer profit ? Les réseaux sociaux sont-ils une menace ou un avantage pour les politiciens ? Et qu'en est-il pour la démocratie ?

Grâce à de puissants outils d’analyse qui permettent l’exploitation des données massives (big data), William Sanger1 et moi-même avons pu étudier le déroulement de plusieurs campagnes électorales à l’ère des réseaux sociaux. Ces recherches2 prouvent qu’on peut désormais évaluer l’effet des réseaux sociaux en contexte électoral. Elles permettent également de faire plusieurs constats dont les politiciens – et la société en général – auraient tout avantage à tenir compte.

Jamais plus comme avant

Tout d’abord, ces travaux démontrent qu’il est possible, d’un côté, de suivre en temps réel la perception et la compréhension des citoyens en ce qui a trait aux programmes électoraux présentés par les divers partis politiques et, de l’autre, d’évaluer l’effet et la performance des partis tout au long des campagnes électorales. Ces travaux indiquent aussi qu’à l’ère des réseaux sociaux, les élections se gagnent les deux ou trois derniers jours des campagnes électorales, ce qui permet ainsi d’éliminer l’hypothèse selon laquelle le parti au pouvoir détient l’avantage. Plus spécifiquement, les thématiques liées aux programmes électoraux ne représentent aujourd’hui que le début d’une conversation. En effet, avec la puissance et la vélocité des réseaux sociaux, ces sujets naissent et meurent rapidement. Des thèmes sur lesquels les partis politiques croyaient pouvoir miser afin de rallier leur électorat – et de convaincre les indécis – sont ainsi tués dans l’œuf. Créés par les citoyens, d’autres mots-clés remplacent très vite ces thèmes et finissent par s’avérer beau- coup plus déterminants quant à l’issue du vote.

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