Article publié dans l'édition Automne 2019 de Gestion

Recherche universitaire - Avenir du travail : confiance des employés et anxiété des dirigeants

Les gestionnaires ont-ils raison de douter de la capacité de leurs employés à s’adapter à une économie en pleine mutation ? « C’est une idée couramment admise mais erronée », conclut l’équipe du projet « Gestion de l’avenir du travail » de la Harvard Business School et de l’institut Henderson du Boston Consulting Group. Les entrevues menées en 2018 auprès de travailleurs à faible revenu ou moyennement qualifiés et de quelque 800 chefs d’entreprise répartis dans 11 pays révèlent un net écart de perception dans la manière dont les deux groupes envisagent l’avenir du travail. Les chercheurs notent que les travailleurs semblent plus conscients des possibilités liées à l’avenir du travail et plus enclins à acquérir de nouvelles compétences et à s’adapter aux nouvelles réalités du travail que ne le pensent leurs employeurs, notamment en ce qui a trait aux « plateformes de travail indépendant et de travail partagé ».

Source: Fuller, J. B., et al., « Your Workforce Is More Adaptable Than You Think », Harvard Business Review, mai-juin 2019.

Pratiques d'entreprises - Que les meilleurs gamers gagnent... un emploi !

« Les manettes t’attendent ! » : c’est ce qu’annonce le site de la « compétition e-sport étudiante de France » (aussi appelée le StepStone Digital Challenge). Organisé par le site d’emploi StepStone et par l’agence Epoka en France, ce tournoi de sport en ligne vise à mettre en relation, dans un contexte de compétition, les jeunes prodiges du numérique et les recruteurs d’entreprises friandes de leurs compétences. En mars 2019 à Paris, ce concept de jeu a séduit 4000 étudiants – candidats à la présélection – et 11 entreprises recruteuses, parmi lesquelles Airbus, Dassault Systèmes, Engie IT et la RATP... Une nouvelle forme de sélection par le jeu vidéo?

Sources : stepstone-challenge.digital/pages/concept; Lucas, L., « À Paris, un grand tournoi inédit de e-sport pour recruter », Le Figaro.fr, 13 mars 2019.

Le nouveau pouvoir des nanos-influencers

Avec l’omniprésence des réseaux sociaux, le marketing d'influence a de beaux jours devant lui. Bien que les influenceurs-vedettes fassent l’objet de beaucoup d’attention, de nouveaux acteurs sont désormais recherchés par les grandes marques : les nano-influenceurs. Avec des « suiveurs » (ou abonnés) dont le nombre peut aller de 1 000 à 5 000 chacun, ils sont en effet devenus la nouvelle cible des marketeurs. Plus proches de leur communauté, avec laquelle ils ont des intérêts communs ou des liens privilégiés réels, ils sont plus authentiques, plus loyaux et plus crédibles, donc plus « vendeurs »!

Source : Baladurage, J., « How To Leverage The Power Of Nano- And Micro-Influencers », Forbes, 10 mai 2019.

À suivre - Véhicules autonomes : bouleversements à venir

 L’arrivée des véhicules autonomes va changer de nombreuses existences pour le meilleur et pour le pire. Sans doute une majorité devrait- elle bénéficier de ces avantages, mais cette transition risque d’être coûteuse pour les autres. Selon une étude, « l’introduction de voitures et de camions autonomes pourrait directement éliminer de 1,3 à 2,3 millions d’emplois [aux États- Unis] au cours des 30 prochaines années ». Les chercheurs invitent à réfléchir sans plus attendre à l’ampleur des pertes potentielles pour les travailleurs, au temps d’adaptation nécessaire et aux solutions envisageables pour réduire les coûts.

Source: « Preparing U.S. Workers and Employers for an Autonomous Vehicle Future », juin 2  18, 149 pages, document préparé pour l'organisation Securing America’s Future Energy (SAFE).

En vérité - Les « crédules » ne sont plus les plus jeunes !

 Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce sont non pas les jeunes mais les plus de 65 ans qui partagent le plus de fausses nouvelles sur Facebook, révèle une étude de l’université Princeton. Par fausses nouvelles, on entend « des contenus faux ou trompeurs maquillés intentionnellement pour ressembler à des articles de journaux, souvent dans le but de générer des revenus publicitaires ». Cette étude repose sur l’analyse des « partages de publication » de 1200 utilisateurs de Facebook lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Source: Guess, A., Nagler, J., et Tucker, J., « Less Than You Think... », Science Advances, 9 janvier 2019.

La philanthropie en entreprise

Culture philanthropique des grandes entrerprises

Selon une étude prospective menée par la firme Épisode sur les tendances en matière de philanthropie au Québec en 2020 :

  • 87 % des grandes entreprises québécoises ont une politique sur les dons et sur les commandites, comparativement à 8 % des PME ;
  • en moyenne, les grandes entreprises appuient une cause particulière pendant 4,7 ans ;
  • 97 % des dirigeants estiment que la culture philanthropique est une valeur importante pour leur entreprise;
  • 93 % d’entre eux s’entendent pour dire que la philanthropie est une bonne façon de valoriser les employés ;
  • 77 % des dirigeants affirment que leurs investissements philanthropiques correspondent à leur mission d’entreprise ;
  • 40 % affirment avoir mis sur pied une fondation propre à l’entreprise.

Source : « Étude sur les tendances en philanthropie au Québec en 2020 », firme Épisode, 2019, 95 pages.

Vers une « philanthropie de compétence »

Bien qu’elle dispose du revenu moyen le plus élevé, la génération X québécoise (âgée entre 38 et 54 ans) est celle qui ferait le moins de dons, selon une étude de la firme Épisode publiée en novembre 2018. Les donateurs représentent à peine une personne sur deux (47 %).


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Leurs dons annuels auraient même baissé de 223 $ en 2016 à 158 $ en 2018. Pour attirer cette génération plus sceptique quant à l’effet de ses dons en argent, une solution consisterait à promouvoir la « philanthropie de compétence », avance Diane De Courcy, directrice générale de l’Association des professionnels en gestion philanthropique. Ce nouveau type de philanthropie équivaut à offrir ses compétences en travail et en temps. Elle recommande que les entreprises « prêtent », pour quelques heures ou quelques semaines, des employés dont les compétences correspondent à des besoins spécifiques.

Source : Hébert, C., « Comment séduire les X du Québec », Les Affaires, 4 mai 2019.

Intérêt de l'heure - En quête d'efficacité

À en juger par les sujets de conversation diffusés « à la une » de la plateforme Facebook, la quête de performance est une préoccupation partagée par beaucoup d’utilisateurs. Ceux-ci seraient de plus en plus nombreux à s’intéresser aux stratégies mentales pour optimiser leur rendement. Selon le Rapport des tendances de 2019, l’envie ou le besoin d’efficacité oriente les conversations vers des sujets comme les performances sportives, les applications technologiques pour se concentrer et les pratiques méditatives... Reflet des intérêts de l’heure ou reflet du profil des utilisateurs ?

Source : Facebook IQ, « Rapport des tendances de 2019 », 2019, 33 pages.