À l’ère de la mondialisation, une entreprise peut-elle assurer sa survie sans se tourner vers l’international ? Quels sont les éléments les plus importants à considérer pour s’implanter à l’étranger, les aspects les plus souvent négligés par les décideurs, les problèmes les plus souvent rencontrés et les risques à prévoir ? Comment éviter les pertes d’argent et de temps ? Quatre professeurs du Département d’affaires internationales de HEC Montréal font le point sur ces questions.

Lorsque l’Accord économique et commercial global (AECG) conclu entre le Canada et l’Union européenne entrera en vigueur, le Canada deviendra le seul pays sur la planète à avoir un accès privilégié à 40 % de la production internationale. Cette ouverture accentuée sur le monde a de quoi susciter quelques questions chez les décideurs québécois. Et la plus légitime : leur sera-t-il encore possible de faire des affaires sans s’internationaliser ?

Les experts consultés sont unanimes : bien qu’il soit encore possible de tirer son épingle du jeu en concentrant ses activités au Québec, toutes les entreprises subissent aujourd’hui les influences de la mondialisation. L’économie québécoise s’inscrit désormais dans des chaînes de valeur mondiales. En d’autres mots : pour survivre, il n’est peut-être pas nécessaire de s’implanter à l’étranger, mais il est indispensable de savoir ce qui s’y passe dans son secteur d’activité. Et ce, non seulement pour prendre de meilleures décisions, mais aussi pour voir venir les menaces.

« Le véritable risque, c’est de rater des occasions de croissance par manque d’ouverture à l’international ou, pis encore, de ne pas être conscient que dans certains pays, des entreprises qui évoluent dans le même secteur d’activité atteignent des taux de productivité supérieurs, soutient Thierry Warin, professeur agrégé à HEC Montréal. Ces entreprises représentent des concurrents potentiels dont on ignorera l’existence si on n’exerce pas une certaine vigie. Avec l’avènement des nouvelles technologies, cette menace peut même venir d’une entreprise qui n’évolue pas dans son industrie. Nous n’avons qu’à penser aux secteurs de l’hôtellerie et du taxi qui sont bouleversés par l’arrivée d’Airbnb et d’Uber, respectivement. D’où l’importance de faire ses devoirs. »

Ne pas sauter d’étapes

Toute démarche d’internationalisation doit donc commencer par une analyse détaillée : risques, marché, concurrence, etc. À l’ère de la mondialisation, exercer une certaine veille (stratégique, technologique, commerciale, concurrentielle) devrait d’ailleurs devenir une pratique courante dans les entreprises et non pas un exercice effectué sur une base ponctuelle.

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