Difficile de ne pas percevoir la profonde et irréversible transmutation dans laquelle la télévision, telle que nous l’avons connue, est engagée. La majorité des signaux détectés sont annonciateurs d’un climat général qui tend à s’obscurcir pour les grands opérateurs de la télévision, rarement confrontés à des vents contraires aussi puissants.

La déferlante numérique qui s’abat sur les industries de la télévision n’a rien d’un phénomène impromptu. La diffusion en continu et le visionnement à partir de plateformes mobiles sont désormais des pratiques solidement ancrées dans le quotidien des consommateurs et leurs répercussions provoquent des secousses palpables. Ainsi, depuis 2011, les ventes de temps d’antenne accusent chaque année des pertes qui totalisent aujourd’hui plus de 300 millions de dollars.

Cette réallocation budgétaire pénalise surtout les chaînes traditionnelles, dont la part des revenus totaux de l’industrie sera passée de 30 à 24 % depuis 2010 au profit des chaînes spécialisées et de la télévision payante. Pierre d’assise de la vitalité économique et baromètre le plus représentatif des tendances lourdes de l’industrie aux yeux des analystes financiers, voilà que, pour la première fois de son histoire, la part des revenus publicitaires générés par les chaînes généralistes est passée, en 2014, sous le seuil psychologique des 50 % pour s’établir à 49 % alors que celles des chaînes spécialisées (37 %) et de la télévision publique (14 %) poursuivaient leur croissance. Au même moment, les revenus d’abonnement aux services de télévision canadiens progressent à des hauteurs variant entre 5,3 % et 8,4 % entre 2011 et 2014.

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