Article publié dans l'édition automne 2016 de Gestion

Lorsque des tensions apparaissent, voire dégénèrent en conflit ouvert entre les membres d’un groupe de travail, vos compétences en médiation sont sollicitées. Fondées sur mon expérience à titre de facilitateur en résolution de conflits armés, voici quelques clés pour en arriver à une médiation responsable, quel que soit le contexte d’intervention.

Piège n˚ 1. C’est à vous de reprendre le contrôle

Si un conflit déchire votre équipe, vous risquez fort d’avoir le réflexe de vouloir reprendre les rênes. D’ailleurs, c’est peut-être à l’invitation d’une des parties à ce différend – voire des deux à la fois – que s’amorcera votre travail de médiation. Tout vous pousse donc à agir comme un parent qui s’interpose entre ses enfants et qui affirme son autorité. Mais voilà, vos collègues sont des adultes, et même s’ils vous demandent de reprendre le contrôle, ils sont désarçonnés au fond d’eux-mêmes. Ils ressentent l’échec de leur négociation directe comme une blessure d’amour-propre et perçoivent ce dénouement comme un abandon de souveraineté personnelle en votre faveur.


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Ils vous sauront donc gré de les remettre en selle, d’agir à l’inverse de ce qu’ils vous demandent, de les responsabiliser et de leur rendre ce qu’ils ont perdu, c’est-à-dire le pouvoir de résolution. C’est un des paradoxes des conflits : ils mènent souvent les parties à une régression psychologique, ce qui a un effet dévastateur de dépendance par rapport au tiers. Celui-ci peut résister à la tentation de s’approprier le pouvoir et tout faire par la suite pour rendre leur autonomie à des parties qui se croyaient désormais démunies.

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