Article publié dans l'édition Automne 2010 de Gestion

Au Canada, la santé mentale au travail est devenue un enjeu très préoccupant pour les gestionnaires et les chefs d’entreprise (Watson Wyatt, 2005).

Au Québec, plus du tiers des travailleurs disent ressentir un stress élevé dans leur travail (Bordeleau et Traoré, 2007), et les réclamations déposées à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST, 2003) pour des problèmes psychologiques ont plus que doublé en 10 ans. L’Organisation mondiale de la santé prévoit que la dépression sera la deuxième cause d’invalidité dans le monde, derrière les problèmes cardiaques (World Health Organization, 2001).

Il semble pourtant possible d’avoir une bonne santé mentale au travail. En effet, environ 17 % de la population s’estime épanouie psychologiquement (Keyes, 2007). La présence d’employés sains mentalement est importante et précieuse pour les entreprises. Ainsi, les études démontrent que des employés ayant une bonne santé mentale s’absentent moins souvent du travail, utilisent moins les services de santé, sont plus résilients, ont des objectifs de vie clairs (Keyes, 2007), sont plus performants au travail (Cropanzano et Wright, 1999; Judge et al., 2001) et adoptent davantage des comportements de citoyenneté organisationnelle (Lee et Allen, 2002). Ultimement, toutes ces conséquences positives de la santé mentale améliorent la performance organisationnelle (Harter et al., 2003).

Devant l’ampleur des problématiques d’ordre psycho­ logique en milieu de travail et de leurs incidences néfastes, plusieurs entreprises souhaitent trouver des pistes d’intervention efficaces pour accroître la santé mentale de leur personnel. À cet égard, le supérieur immédiat, en raison de la relation de proximité qu’il entretient avec ses employés, peut faire d’importants gestes de prévention afin d’assurer un environnement de travail sain.


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Cette responsabilité en matière de santé mentale au travail peut sembler lourde aux yeux des cadres, qui souvent se sentent peu compétents ou peu informés sur le sujet. Afin d’aider les gestionnaires en cette matière, cet article leur présente une avenue d’intervention simple et accessible qui s’appuie sur les trois besoins psychologiques fondamentaux que tout être humain doit satisfaire pour être motivé et conserver une santé mentale optimale (Deci et Ryan, 1985, 2008)1, soit les besoins d’autonomie, de compétence et d’affiliation sociale.

Dans cet article, nous expliquons brièvement la théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 2008) sur laquelle reposent ces trois besoins psychologiques essentiels, théorie que les cadres et les dirigeants pourraient appliquer en vue de favoriser une santé mentale optimale chez les employés.

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