Article publié dans l'édition Eté 2009 de Gestion

Le cas ci-dessous illustre la transformation que peut susciter le coaching compatissant. Loin de constituer un cas unique, cette transformation se répète fréquemment en réponse à ce type d’accompagnement.

En entrant dans le bureau du coach, François Germont1 n’attendait pas grand-chose des quelques heures à venir, mais il allait être surpris. Il avait demandé aux directeurs de ses trois principales divisions de retenir les services d’un coach et, par souci de crédibilité, avait décidé un peu à contrecœur d’en faire autant. François dirige des unités d’une entreprise qui faisait partie du Fortune 500 et qui a été démantelée au moment de l’acquisition de la société principale par un conglomérat allemand. Il est resté dans l’entreprise à titre de président-directeur général.

Or, le contexte dans lequel on dirige les grandes sociétés a changé. Des tensions se manifestent à bien des paliers. Les entreprises savent qu’elles s’orientent vers un cycle de récession de deux ans attribuable aux industries auxquelles elles vendent leurs produits. François se demande comment faire pour maintenir la motivation de ses employés et de ses clients, d’autant plus qu’il manque lui-même de motivation.

Le coach accueille François en souriant. Il lui pose d’entrée de jeu cette question : «Dans un monde idéal, quel genre de vie et de travail auriez-vous dans dix ou quinze ans?» François répond qu’il aurait probablement quitté l’entreprise et qu’il serait peut-être même à la retraite. Comme il n’a que 53 ans, le coach voit dans ces propos un fantasme de fuite. Il répète doucement la question en ajoutant : «Rêvez, François. Si l’existence était parfaite, à quoi ressemblerait votre vie dans dix ou quinze ans?» François sourit, s’enfonce dans son fauteuil et se met à parler de son fils. Il adorerait le regarder grandir et profiter au maximum de la vie. Il souhaiterait aussi aider de nouvelles entreprises du secteur et peut-être siéger au conseil d’administration de quelques sociétés sans but lucratif.

Le voilà maintenant détendu. Le coach l’interroge sur sa famille. Les impératifs constants du travail lui ont coûté cher. Sa conjointe s’investit dans ses propres activités sans trop compter sur lui. Lorsque le coach lui demande s’ils ont du plaisir ensemble, François grimace et avoue qu’ils n’en ont pas eu depuis longtemps. Lorsque la conversation s’oriente vers sa fille, il explique que celle-ci est plus près de sa mère.

Devenu un patron désengagé, un conjoint absent et un père distant, François constate que le travail au quotidien l’a usé, sur le plan personnel aussi bien que sur le plan professionnel. Ce stress chronique que lui-même, sa famille et l’entreprise subissent ne constitue pas un phénomène isolé chez les dirigeants. Ces derniers franchissent souvent la limite de la résistance humaine. Le coach espère que, en aidant François à examiner ses rêves et l’avenir qu’il souhaiterait connaître, il pourra l’amener à améliorer son état psychophysiologique.

Une autre heure a passé. Maintenant assis au bord de son fauteuil, François parle avec animation de son intention d’organiser une soirée avec sa conjointe. À la deuxième séance de coaching, il projette d’accompagner sa fille et son fils chaque semaine à des activités distinctes. Il a repéré dans sa communauté deux conseils d’administration d’organismes sans but lucratif qui s’adressent aux entrepreneurs. Il a même envisagé des moyens de rester en contact étroit avec ses principaux employés et de susciter leur enthousiasme pour les inciter à mener leur division respective vers un nouvel avenir.

Ce matin-là et à la suite des quelques autres séances, François quitte le bureau du coach aussi dynamisé que s’il avait bu plusieurs espressos ou respiré de l’oxygène pur. Mais rien de tel ne s’est produit : il a plutôt retrouvé des objectifs précis et une efficacité renouvelée relativement à son avenir à court et à long terme. Le coach n’est ni un magicien ni un hypnotiseur qui aurait créé chez François Germont une motivation artificielle. Non. François a simplement bénéficié d’un coaching compatissant.

Dans cet article, nous examinons le concept du coaching compatissant et étudions les caractéristiques qui distinguent ce dernier des autres formes de coaching. Nous mettons en lumière les avantages de cette approche, tant sur le plan de la santé que sur celui du rendement, et mentionnons au passage les processus physiologiques sous-jacents à l’origine de ces bienfaits. Nous confirmons ensuite, preuves à l’appui, l’efficacité du coaching compatissant. En conclusion, nous en exposons les répercussions et formulons des recommandations destinées aux personnes et aux organisations.

Qu’est-ce que le coaching compatissant ?

Si, dans le cas relaté précédemment, le coach n’avait mis l’accent que sur le déroulement des activités au sein de l’entreprise et sur les correctifs à apporter, François se serait limité à parler de ses principaux employés et de leur besoin de changement, des problèmes relatifs aux dirigeants et des obstacles au changement qu’ils représentent. Mais il serait vraisemblablement resté dans cet état de brouillard où il s’était peu à peu enlisé.

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