La pratique du sport est enc hute libre aux États-Unis, ce qui n'augure rien de bon pour le baseball majeur.

À l'aube d'une autre saison de baseball, saison qui débutera le samedi 3 avril prochain avec un match entre les Cardinals de Saint-Louis et les Pirates de Pittsburgh, les choses semblent bien aller et l'avenir semble radieux pour la Major League Baseball et les trente équipes qui la constituent. Comme le signale Maury Brown dans son article publié dans le magazine Forbes  (lire « MLB Sees Record Revenues For 2015, Up $500 Million And Approaching $9.5 Billion »), les revenus du baseball majeur sont en hausse pour une treizième saison consécutive, ce qui en fait la seconde ligue sportive professionnelle en importance, tirant de l'arrière de quelque 1,5 milliard de dollars après la lucrative NFL, la National Football League.

Alignements de plus en plus incomplets!

Mais l'avenir est-il aussi rose, et les terrains aussi verts, qu'il n'y paraît? Certains observateurs attentifs sont plutôt inquiets des perspectives commerciales du sport à long terme. Et parmi ceux-ci, le journaliste Brian Costa, du Wall Street Journal, qui a traduit ses états d'âme à ce sujet par l'entremise de son article « Why Children Are Abandoning Baseball ». Brian Costa souligne en effet d'emblée la chute marquée de la pratique du baseball chez les jeunes de sept à dix-sept ans. Entre 2000 et 2013, le nombre de jeunes joueurs de baseball est passé de 8,8 millions à 5,3 millions, soit une baisse brutale de tout près de 40 %. Même pourcentage également pour le nombre d'adeptes du softball (balle molle), qui passent de 5,4 millions de pratiquants à 2,2 millions pour la même période. C'est énorme!

Certes, les autres sports collectifs d'importance, que ce soit par exemple le soccer ou le basketball, constatent la même tendance à la baisse. Mais, pour revenir au baseball, comment expliquer cette dernière? D'une part, la « spécialisation », si l'on peut ainsi qualifier le phénomène. Jadis, les jeunes étaient davantage polyvalents et s'adonnaient à de nombreux sports tout au long de l'année. Aujourd'hui, la tendance serait à la pratique d'un seul sport, et le baseball en aurait par ailleurs écopé. Et puis, un cercle vicieux s'est progressivement dessiné au fil des ans : moins de jeunes pratiquent le baseball, les ligues doivent compenser la baisse en élargissant leurs cadres à d'autres villes ou d'autres régions, les parents n'ont ni le temps ni les moyens de transporter d'une ville à l'autre les jeunes joueurs, qui lancent finalement la serviette... 

Une tendance globale

Et que les États-Unis se consolent, la situation n'est guère mieux dans d'autres pays, réputés pour être de véritables pépinières de joueurs et des nations entièrement dévouées à la cause du baseball. Prenons Cuba, par exemple. Toujours selon Brian Costa (lire son article « Why Baseball Is Losing Its Grip on Cuba »), le beisbol n'accroche plus les moins de 30 ans et cède désormais le pas au soccer. Embargo obligeant, les matches du baseball majeur sont beaucoup moins diffusés que les parties de soccer qui sont, quant à elle, retransmises de l'Europe et de l'Amérique du Sud, et qui ne connaissent pas les affres de la censure gouvernementale. Quant au Japon, autre place forte du baseball, la pratique est aussi en chute libre, soit 28 % moins de joueurs entre 2009 et 2014. Une fois de plus, le soccer serait le principal responsable de la situation.

Quoi qu'il en soi, les bonzes du baseball majeur auraient grandement intérêt à regarder la situation de près, dans la mesure où, et c'est scientifiquement prouvé, la pratique d'un sport dans les jeunes années est le meilleur indicateur quant à l'intérêt futur de l'adulte pour ce même sport. Il en va de la santé du sport... et des profits qu'il génère!