Article publié dans l'édition Printemps 2022 de Gestion

Certains gestionnaires peuvent se montrer réticents à l’idée de déléguer des tâches à leurs employés. Cet exercice est pourtant nécessaire et salutaire. Sylvie St-Onge, professeure titulaire au Département de management de HEC Montréal, nous explique pourquoi.

Des gestionnaires semblent avoir du mal à déléguer des tâches. Comment cela s’explique-t-il?

Des schémas de pensées nuisibles entrent souvent en ligne de compte. Il y a tout d’abord l’excès de perfectionnisme, parce qu’on veut que les choses soient faites à sa manière. On peut aussi vouloir garder le contrôle et le pouvoir sur le travail à effectuer. Finalement, il y a la question de l’ego : on cherche à démontrer qu’on est capable de tout faire, qu’on est indispensable et irremplaçable, en quelque sorte, et ce, au risque de ne pas préparer la relève. Certains gestionnaires peuvent aussi craindre que cette demande d’aide soit interprétée comme un manque de compétence ou même comme de la paresse.

Autre élément susceptible de nuire : une pensée à trop court terme. En effet, déléguer exige du temps afin de former l’employé qui accomplira les tâches. Il faut ensuite superviser son travail et assurer un suivi. On pourrait alors tendre à se dire qu’il serait plus efficace d’effectuer le travail soi-même. Or, pour déléguer, il est préférable de réfléchir aux avantages à long terme, comme pouvoir éventuellement se consacrer davantage à des activités à valeur ajoutée ou stratégiques et miser sur des employés compétents sur lesquels on peut compter.

J'achète!

Poursuivre votre lecture pour seulement 2,99 $

Je m'abonne!

Accédez à tous les articles en vous abonnant à partir de 3,25$

Ou