L'entreprise pétrolière canadienne s'inscrit sans réserve dans le développement durable.

D'ici à ce que nous ayons pleinement réalisé la transition vers les énergies vertes, il faudra encore bien s'accommoder du pétrole et des hydrocarbures. Il y a donc fort à parier que nous continuerons de voir, dans les décennies à venir et peut-être pour un siècle ou deux, des derricks, des plateformes de forage et d'autres installations pétrolières se profiler à l'horizon de nos paysages et de nos océans.

Dans ce contexte de passage vers les énergies renouvelables, une entreprise a quand même fait le pari de continuer à extraire l'or noir du sous-sol, mais en mettant également de l'avant un important volet de développement durable. Il s'agit de l'entreprise canadienne Vermilion Energy.

Ce nom ne vous dira sans doute pas grand-chose, et c'est un peu normal. À côté des ExxonMobil, British Petroleum et autres mastodontes du domaine pétrolier, Vermilion Energy est une puce! Mais c'est justement cette petite taille qui donne à l'entreprise toute la souplesse requise afin de survivre dans un domaine d'affaires qui connaît des jours difficiles, étant donné les cours relativement bas du baril de pétroles ces derniers mois.

Faire les choses autrement

Car le modèle d'affaires de l'entreprise albertaine a ceci de particulier qu'il intègre, outre évidemment l'exploration pétrolière classique, la récupération d'actifs matures, délaissés par les géants de l'or noir, comme l'explique Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques et des affaires gouvernementales chez Vermilion France (voir la vidéo en tête d'article, et nos autres vidéos sur notre chaîne YouTube). En mettant le grappin sur ces installations jugées non rentables, Vermillon Energy est en mesure de maintenir ces dernières par des technologies qui permettent à l'entreprise d'ainsi prolonger leur durée de vie. Pas d'investissements majeurs, optimisation des forages actuels : voilà qui fait en sorte que l'entreprise est en mesure de fonctionner avec un baril à sous les 50 dollars.

Combiner le vert et le noir

Et voilà qui explique également la présence de Vermillon Energy en France. L'entreprise canadienne, qui s'avère dans les faits être le plus gros premier producteur de brut de l'Hexagone, entend aussi redonner aux communautés au sein desquelles elle s'est installée. Présente dans les deux régions pétrolifères les plus porteuses de France, à savoir le bassin parisien et l'Aquitaine, l'entreprise canadienne s'est notamment distinguée par un audacieux projet de développement durable avec des partenaires locaux.

À Parentis-en-Born, dans les Landes, l'entreprise a en effet mis à la disposition de Tom d'Aqui, un producteur de tomates en serres, l'un des sous-produits de l'exploitation pétrolière, à savoir l'eau chaude (60°C) issue des entrailles du sol. L'énergie calorique ainsi extraite est récupérée par un échangeur thermique et sert au chauffage des précieuses pommes d'amour. Le procédé permet donc de chauffer 10 hectares de serres, sur les 25 que comptent l'exploitation tomatière, de produire annuellement 3 000 tonnes de belles tomates juteuses et, surtout, d'éviter le relâchement de quelque 10 000 tonnes de CO2 dans le ciel français.

Belle initiative de ces deux entreprises, qui se sont par ailleurs vu décerner le Prix national de l'économie circulaire en matière d'écologie industrielle et territoriale par la République. Quelle entreprise pétrolière peut se targuer d'une telle reconnaissance?