Article publié dans l'édition Printemps 2020 de Gestion

Télétravailler plus = gagner moins?

Les salariés de Google qui choisiront de travailler à domicile à temps complet pourraient voir leur rémunération diminuer en fonction de l’endroit où ils vivent. C’est du moins l’avenue que semble vouloir emprunter ce géant du numérique en mettant à la disposition de ses employés un outil de calcul qui leur permet d’évaluer leur salaire en fonction de leur lieu de travail effectif et du coût de la vie dans cette région. Ainsi, un employé vivant à Stamford, au Connecticut, gagnerait moins que son collègue de New York, où le coût de la vie est beaucoup plus élevé. À distance variable, salaire variable : un modèle à suivre?

Source : «Chez Google, le télétravail expose à des baisses de salaire» (article en ligne), Le Monde informatique, 16 août 2021.

La Chine cherche à dominer le secteur des monnaies numériques

Avec la flambée des prix du bitcoin – jusqu’à plus de 50 000$ pièce –, les cryptomonnaies attisent toutes les convoitises. Darrell Duffie, professeur à la Stanford Graduate School of Business, a justement comparé le passage mondial monnaies numériques à la conquête de l’espace dans les années 1960. Selon lui, la monnaie numérique à surveiller est celle sur laquelle la Banque centrale de la république de Chine travaille à l’heure actuelle. Il s’agirait d’une monnaie numérique différente du bitcoin, qui permettrait d’accélérer la vitesse des transactions tout en diminuant leur coût comparativement aux méthodes de paiement électronique traditionnelles. À suivre…

Source : Andrews, E. L., «China looks to take the lead in digital currencies» (article en ligne), Stanford Graduate School of Business, 29 avril 2021.

Comment innover?

Les entreprises de haute technologie doivent non seulement posséder une expertise scientifique et technologique de pointe mais aussi savoir la renouveler constamment. Pascal Le Masson et Benoît Weil, professeurs à l’école d’ingénierie Mines ParisTech, proposent quatre stratégies favorables à l’innovation :

  1. renforcer les domaines d’expertise actuels grâce à l’accumulation de savoirs tout en préservant les standards technologiques;
  2. combiner les expertises existantes, par exemple en électronique en mécanique et en informatique, pour concevoir de nouveaux produits;
  3. absorber des expertises extérieures aux entreprises, notamment des savoirs scientifiques et technologiques issus de laboratoires de recherche;
  4. créer de nouveaux domaines d’expertise en faisant converger l’expertise et des concepts technologiques innovants.

Source : Cabanes, B., «Comment les entreprises renouvellent-elles leurs expertises technologiquespour innover?» (article en ligne), Harvard Business Review France, 5 juillet 2021.

Le mot de la fin

Est-il toujours difficile de quitter une conversation? Les chiffres à ce sujet sont éloquents. Seulement 2% des discussions se terminent au moment qui convient aux deux interlocuteurs. C’est la découverte qu’a faite Adam M. Mastroianni, chercheur à la Columbia Business School. L’étude qu’il a menée nous apprend que les gens ne parviennent généralement pas à déterminer le moment auquel leur interlocuteur aimerait mettre fin à l’entretien. Serait-ce là une compétence à développer?

Source : Mastroianni, A. M., Gilbert, D. T., Cooney, G., et Wilson, T. D., «Do conversations end when people want them to?», Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 118, n° 10, 9 mars 2021.

Diversité : un pas de plus!

Le NASDAQ vient de franchir une nouvelle étape pour favoriser la diversité au sein des organisations. Les conseils d’administration des quelque 3 200 entreprises cotées sur ses marchés devront désormais inclure au moins une femme ainsi qu’un membre d’une minorité ethnique ou de genre.

Source : «Le Nasdaq exige de la diversité dans les conseils d’administration» (article en ligne), Les Échos, 14 août 2021.

500 millions de dollars

C’est la somme versée en une seule année (de septembre 2020 à août 2021) aux lanceurs d’alerte aux États-Unis, un montant record. Toutefois, selon les autorités, ce système de récompenses pourrait être amélioré afin de favoriser les dénonciations.

Source : «Les États-Unis pourraient bientôt mieux rétribuer leurs lanceurs d’alerte» (article en ligne), Les Échos, 16 août 2021.

Votre engagement social est-il crédible?

Les entreprises sont de plus en plus appelées à affirmer leur position concernant plusieurs défis sociétaux (changements climatiques, inégalités sociales, bien-être individuel et collectif, etc.). Pourtant, elles ne gagneraient pas toujours à prendre part aux débats. Alors que l’activisme social parrainé par les entreprises prend de l’ampleur, une recherche révèle que l’engagement social est une médaille qui a son revers. Les actions menées par les organisations peuvent être discréditées lorsqu’elles sont perçues comme étant hypocrites ou opportunistes par rapport à leurs pratiques commerciales, voire carrément inappropriées lorsqu’elles contredisent l’identité organisationnelle. Une invitation à harmoniser «qui nous sommes» avec «ce que nous faisons»!

Source : Li, L. Z., et Soule, S. A., «Corporate activism and corporate identity» (article en ligne), Social Science Research Network, 8 mars 2021.

Les salariées plus durement touchées par la crise sanitaire

Une enquête réalisée par le Boston Consulting Group (BCG) auprès de 2 002 salariés français a révélé certaines disparités psychosociales qui ont creusé les écarts entre les hommes et les femmes sur le marché du travail depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ainsi, la comparaison désavantage les femmes par rapport à leurs collègues masculins sous les aspects suivants :

  • 13% moins de femmes que d’hommes ont entretenu leur réseau professionnel pendant la crise;
  • 29% moins de femmes que d’hommes ont pris la parole en réunion;
  • 15% moins de femmes que d’hommes sont optimistes par rapport à leur avenir professionnel dans le secteur privé.

De plus, le télétravail ne semble pas avoir amélioré la situation des femmes, ce qui a aggravé certaines inégalités. Ainsi, à la maison, les femmes sont :

  • 1,3 fois moins nombreuses que les hommes à disposer d’un espace isolé;
  • 1,5 fois plus fréquemment interrompues lorsqu’elles télétravaillent;
  • 1,3 fois plus susceptibles de souffrir d’anxiété.

Source : «Crise de la COVID-19 : un retour en arrière pour la parité hommes-femmes au travail?», Boston Consulting Group (BCG), 12 février 2021.