Article publié dans l'édition Hiver 2020 de Gestion

Management

Des processus d’intégration à raffiner

Un cadre français sur trois a démissionné à la suite d’une mauvaise intégration à un nouvel emploi, selon une étude menée auprès de 1 012 gestionnaires par Cadremploi, un site d’emploi privé en France. Si les entreprises savent bien accueillir les nouvelles recrues à leur arrivée, elles peinent à les intégrer par la suite. En cause : un processus d’accompagnement absent ou à faible incidence.

Les activités avec les collègues sont rares (18 %), de même que les parrainages au sein de l’entreprise (11 %) ou les rencontres informelles (des 5 à 7, par exemple) destinées à favoriser la cohésion d’équipe (29 %). De plus, seulement 35 % des cadres ont eu un entretien de mi-parcours lors de leur période d’essai.

Gestionnaires, à vos stratégies d’intégration !

Source : « Étude inédite Cadremploi : 1 cadre sur 3 a déjà démissionné suite à une mauvaise intégration » (communiqué de presse), 23 avril 2019


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Rôle du gestionnaire

Salariés en quête de directives

Plus d’autorité mais moins de chefs : c’est ce que les salariés français semblent souhaiter, si on en croit les résultats d’un sondage réalisé par la firme française OpinionWay auprès de plus de 1 065 employés. En effet, 67 % des salariés estiment que l’autorité fait défaut au sein de leur entreprise ; malgré tout, 54 % affirment que les chefs y sont trop nombreux.

Explication : l’excès de management intermédiaire n’offrirait pas une orientation claire. « Ce qui crispe, c’est le sous-chef et la multitude de petit chefs qui viennent diluer l’autorité », affirme le sociologue Ronan Chastellier, qui a participé à cette étude.

Source : « Des salariés las de leur chef mais en quête d’autorité », Les Échos Executives, 24 juin 2019.

Valeurs

Diriger à partir de la conscience de soi?

L’authenticité : cette valeur montante continue de nourrir la littérature sur le leadership. Le profil le plus recherché chez les dirigeants est désormais le « haut niveau d’authenticité », avant même le leadership éthique.

« Considérant que les spécialistes avaient précédemment soutenu que le leadership ne pouvait ou ne devait pas se préoccuper des questions d’éthique et de moralité, beaucoup considèrent à présent que la nature morale des dirigeants est non seulement nécessaire pour le bien de la société mais également essentielle au succès organisationnel durable.

Contrairement au leadership éthique, qui met l’accent sur le respect des attentes externes, le leadership authentique concerne principalement la conscience de soi », soulignent des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas dans une revue qui consacre son plus récent numéro à l’étude de l’authenticité dans les entreprises.

Les chercheurs décrivent le leadership authentique au moyen de quatre caractéristiques : la conscience de soi, le traitement équilibré d’un problème, la transparence relationnelle et une perspective morale intériorisée (autorégulation et cohérence). Bref, les chefs de demain savent qui ils sont, connaissent bien ce en quoi ils croient et agissent selon leurs valeurs et leurs croyances.

Source : Lemoine, G. J., Hartnell, C. A., et Leroy, H., « Taking stock of moral approaches to leadership – An integrative review of ethical, authentic, and servant leadership », (article en ligne), Academy of Management Annals, janvier 2019


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Jeux d’évasion

Partons tous à l’aventure!

Difficile d’y échapper tant ce phénomène se répand dans les entreprises du monde entier : les jeux d’évasion deviennent de véritables outils de gestion. Les entreprises y ont recours non seulement pour mettre leurs équipes au défi mais aussi pour évaluer des collaborateurs, pour briser la glace, pour stimuler l’esprit d’équipe ou simplement pour passer un bon moment entre collègues. 

Apparus au Japon en 2006 et inspirés des jeux vidéo, ces jeux incitent à resserrer les rangs au sein des équipes et à se concerter pour résoudre une énigme dans des délais serrés. La seule ressource disponible : l’intelligence collective. Devant l’ampleur du phénomène (et la pression de la concurrence), les entreprises productrices de ces jeux déclinent sans cesse de nouvelles versions : jeux grandeur nature en pleine forêt, au milieu de l’océan, au cœur d’un château, dans un environnement virtuel immersif, dans les musées, dans des lieux touristiques, etc.

Sources : « Escape games : les entreprises en sont folles », Le Parisien, 8 juillet 2019 ; « Tour du monde des escape games dans la culture artistique, historique et scientifique », Club Innovation & Culture France, 9 janvier 2019.

Bien-être au travail

Le co-walking

Fatigué des réunions qui traînent en longueur? Excédé par leur fréquence? Le co-walking – on parle aussi de walking meetings et de walk and talk – pourrait être la solution.

Le principe : échanger en marchant. Alors que les bienfaits de la marche sur la pensée ne sont plus à démontrer, cette nouvelle pratique au travail a été adoptée par LinkedIn et par Facebook. Ainsi, ce style de réunion (de préférence limitée à quatre personnes) libérerait la parole autant qu’il mettrait les idées en ordre et en mouvement. Sans oublier ses bénéfices pour la santé!

Source : « Le co-walking, l’alternative à la réunion », Welcome to the Jungle, 21 mai 2018.

Inclusion

Bienvenue aux neuratypiques

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et d’augmentation du nombre d’adultes qui reçoivent un diagnostic de TDAH, plusieurs plaident en faveur de l’inclusion des personnes neuroatypiques en emploi. De façon générale, la neurodiversité désigne la pluralité des modes de fonctionnement cognitifs et neurologiques (façons différentes de penser, de résoudre un problème ou de trouver des solutions, par exemple).


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De nos jours, de plus en plus de formations sur la neurodiversité défendent et valorisent notamment l’inclusion au travail des personnes dites neuroatypiques grâce à des mesures adaptatives. Qu’est-ce qui caractérise ces personnes ? Leurs profils se distinguent significativement de la norme sur le plan neurologique : ils incluent l’autisme, le TDAH, la douance, la dyslexie, la dyscalculie, la dyspraxie, le syndrome de Gilles de La Tourette, etc.

Source : « La neurodiversité au travail » (capsule vidéo et texte en ligne), firme Actualisation IDH, 2019.