Au début des années 2000, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), à la suite d’une réorganisation du réseau de la santé et après avoir redécoupé le territoire québécois, a instauré les Réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) qui, rattachés aux quatre facultés de médecine du Québec, ont eu à choisir huit projets de télésanté pour exploiter des ressources rendues disponibles par Inforoute Santé du Canada [1]. Ainsi, un réseau de services de soins virtuels s’est établi, même si le financement demeure, dix ans après la création des RUIS, un casse-tête pour ses dirigeants. Heureusement pour nous, la ferveur de ces RUIS ne s’essouffle pas : « La télésanté va s’imposer dans notre quotidien, comme le guichet automatique il y a quelques décennies. Et personne ne retournerait en arrière, malgré le sourire des employés à leur comptoir », s’exclame en riant Johanne Desrochers, directrice associée au RUIS McGill [2]. De son côté, Guy Paré, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire en technologies de l’information dans le secteur de la santé [3], aime bien la comparaison : « Pourquoi les gens vont-ils au guichet automatique ? Parce que c’est une méthode accessible 24 h/24, rapide et conviviale, qui permet de gagner énormément de temps. »

Bref, la télésanté deviendra pratique courante, en tant que modèle organisationnel des soins, et promet des bénéfices pour tous : une meilleure accessibilité aux soins pour le patient, des économies substantielles pour le système. Quant aux gestionnaires et aux professionnels de la santé, si quelques aventuriers convaincus se lancent avec confiance vers le changement, d’autres, plus craintifs devant les adaptations que la télésanté exige au quotidien, ont besoin d’être apprivoisés. Êtes-vous prêts ?

J'achète!

Poursuivre votre lecture pour seulement 2,99 $

Je m'abonne!

Accédez à tous les articles avec en vous abonnant à partir de 3,25$

Ou