Résolument ancrée dans le numérique et les acquisitions, Stingray incarne parfaitement ces nouvelles entreprises qui ont su trouver leur niche dans un univers en mouvance et s’imposer comme des acteurs majeurs. Comment est-elle devenue l’une des librairies de musique les plus importantes au monde ? Quelle est sa stratégie d’affaires ? Quels sont les défis qu’il lui reste à relever ? Et comment d’autres entreprises du secteur peuvent-elles s’en inspirer ?


1 - De l’audace sans fausse note

En 2007, la bulle technologique venait d'éclater et plusieurs experts prédisaient le pire pour l'industrie de la musique. Et pourant, il aura fallu moins de dix ans à la Montréalaise Stringray pour devenir un véritable empire, atteignant 135 millions d'abonnés dans 127 pays et cumulant un chiffre d'affaires d'environ 75 millions par année. Comme quoi les crises ne font pas que des victimes... Liette D'Amours

Lorsqu’on lui parle de l’audace qu’il lui a fallu pour faire démarrer une entreprise en pleine crise financière, Eric Boyko répond que « c’était justement le temps d’investir. En tant que Canadiens, nous détenions deux grands avantages. Primo, nous évoluons dans un marché réglementé. Nos clients, les télédistributeurs, n’avaient pas et n’ont toujours pas le droit de lancer leurs propres chaînes de musique en continu. Par conséquent, cette réglementation nous a considérablement protégés et [nous a] permis d’atteindre une certaine taille avant d’attaquer le marché international. Secundo, au Canada, nous avions aussi accès à du capital de proximité alors qu’il était difficile, voire presque impossible, de dénicher du financement partout sur la planète au cours de cette période. Si bien qu’entre 2008 et 2010, nous avons pu amasser 120 millions en financement et acheter plusieurs concurrents à bas prix ».

Ainsi, l’homme d’affaires à l’esprit aussi vif que le verbe est là pour remporter la course, tout comme la Corvette qui lui a inspiré le nom de son entreprise.

Une ascension fulgurante

L’aventure commence en 2007 avec le lancement d’un premier produit : The Karaoke Channel. Quelques mois plus tard, Eric Boyko et son associé de l’époque, Alexandre Taillefer – devenu aujourd’hui « dragon investisseur » –, mettent la main sur les chaînes Galaxie et adaptent leur service aux besoins des télédistributeurs. Cet ensemble de chaînes de musique numérique offert par les câblodistributeurs est alors détenu par la Société Radio-Canada.

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