Tourné vers l’action, le grand patron d’Attraction est un amateur de sensations fortes. En effet, il ne fallait certainement pas avoir froid aux yeux pour acheter la boîte de pub Jet Films à 28 ans, alors que plusieurs prédisaient la mort de la publicité de 30 secondes. Aujourd’hui, cet homme à la tête d’un véritable empire de l’industrie des médias et du divertissement au Québec est convaincu que la peur est une émotion qui aide à se surpasser. Et cette peur l’aura mené loin, bien au-delà d’horizons qu’il aurait lui-même pu imaginer.

Tester les limites

Dans la posture de l’homme, on perçoit une parcelle de flegme britannique, certainement hérité du père, fils d’immigrants d’Angleterre et vétéran de la Deuxième Guerre mondiale. Enfant surprotégé par un père qui avait déjà perdu un fils en bas âge, Richard Speer préfère tester les limites plutôt que de rentrer dans le rang. « À l’école, au début de l’année, j’allais m’asseoir à un bureau derrière. Mais j’aboutissais rapidement à l’avant de la classe, et ce n’était pas mon choix, se souvient-il en riant. J’ai souvent contesté les règles, quoique sans excès. Alors, à l’école, inévitablement, j’écopais de retenues. Les professeurs avaient évidemment raison. Malgré tout, je n’ai pas de regrets. Peut-être parce que je m’amusais bien. »

C’est le sport qui a canalisé la fougue de cet esprit rebelle. Joueur de football, il a appris le travail et la discipline, y trouvant des valeurs qui ont imprégné sa personnalité. « Beaucoup de choses me venaient facilement. Mais au football, j’en ai fait, des push-ups, lors des entraînements ! Dans ce sport, si tu braves l’autorité, tu ne gagneras pas », explique Richard Speer. Curieusement, une évaluation en orientation suggérait un profil militaire ! « C’est vrai que moi, je ne vendais pas des pétards à mèche dans la cour d’école, je les faisais exploser ! Mais j’ai acquis la discipline, entre autres grâce au football. Par contre, j’aime faire mes propres règles. Encore aujourd’hui, je ne suis pas la personne la plus réceptive à l’autorité », s’amuse-t-il à raconter. Il reste que c’est parce qu’il entendait son père répéter qu’il faut toujours avoir à l’œil ses avocats et ses comptables que le jeune Richard a d’abord l’idée de faire carrière en droit. En outre, une chose lui semblait évidente : il n’avait aucun désir de travailler pour les autres.

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