Article publié dans l'édition Printemps 2010 de Gestion

En Amérique du Nord ou en Europe, lorsque je m’adresse à des gestionnaires à l’occasion de formations ou de conférences, je suis très souvent surpris par un paradoxe : la reconnaissance au travail est considérée par tous comme un enjeu majeur, mais elle est encore loin d’être intégrée dans les pratiques de gestion de toutes les organisations.

Encadré 1 : À propos de l’étude

En mai et juin 2010, nous avons mené un sondage auprès de 445 gestionnaires français, québécois, canadiens-anglais et américains. De ce nombre, 57 % travaillaient dans une organisation ayant moins de 1 000 employés et 43 % dans une organisation comptant plus de 1 000 employés. Par ailleurs, 78 % des participants occupaient un poste en gestion des ressources humaines, 8 % en direction générale et 14 % remplissaient une autre fonction.

En interrogeant les participants nord-américains ou français sur les freins existants, il m’est arrivé d’entendre les commentaires suivants : «La reconnaissance, ça marche aux États-Unis avec l’employé du mois, mais ça ne peut pas marcher chez nous» (France); «La carotte et le bâton, c’est dépassé comme mode de management» (États-Unis); «La direction de l’entreprise n’y croit pas, alors c’est une perte de temps pour moi que de témoigner de la reconnaissance» (Québec); «Compte tenu de tous les rapports qu’on me demande de faire, je n’ai tout simplement pas le temps de me préoccuper de la reconnaissance» (Canada anglais).


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Quoi qu’il en soit, de tels échanges des deux côtés de l’Atlantique m’ont souvent amené à m’interroger sur les différences culturelles et sur leur impact sur la reconnaissance en milieu de travail : pourquoi la reconnaissance est-elle reconnue universellement comme un levier de bien-être et de performance et, en même temps, pourquoi n’a-t-on pas le même «décodeur» sur le sujet quand on est gestionnaire à Montréal, à Paris ou à New York ?

La culture d’entreprise constitue-t-elle un frein à la reconnaissance au quotidien ou, au contraire, une incitation à sa mise en place ? Est-il plus facile de témoigner de la reconnaissance dans une entreprise qui favorise la coopération que dans une entreprise bureaucratique ?

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