Les grandes tendances 2016 de l'alimentation se dévoilent à vous!

L’alimentation revêt une importance grandissante depuis quelques années, on le sait bien. Les gens sont de plus en plus conscientisés à l’égard de ce qui atterrit dans leur assiette, et c’est évidemment une excellente chose. Mais client exigeant signifie également marchand attentif, et le défi demeure entier pour les grands de l’alimentation : ces derniers doivent demeurer à l’affût des tendances qui traversent le domaine d’affaires. Et c’est justement ce dont Alain Dumas, directeur principal des relations publiques et responsable de la stratégie numérique chez Sobeys Québec, est venu entretenir l’auditoire du colloque SPECTRE, tenu à HEC Montréal en décembre dernier.

Un consommateur difficile... à cerner!

Premier constat de l’expert Dumas : la complexité et l’infidélité du consommateur rend la partie très difficile à jouer, dans un secteur d’affaires où les marges de profit sont millimétriques et où les parts de marché s’arrachent à coup de dixièmes de point de pourcentage. Ce même consommateur est exigeant, et souhaite notamment pouvoir, en 2016, mettre dans son panier des produits à la fois bios et locaux. Autre tendance majeure, demandée par les consommateurs : la renaissance du magasin de proximité, et de superficie réduite. Curieux retour des choses, puisque la tendance des deux à trois dernières décennies était aux grandes surfaces!

Si, aux dires d’Alain Dumas, ces dernières tendances sont surtout le fait des membres de la génération Y, les baby-boomers contribuent également à façonner l’avenir de la filière alimentaire. De fait, la livraison à domicile revient en force, grâce à l’accroissement du commerce en ligne et ce, pour tous les grands joueurs du domaine de l’alimentation. À quand la livraison par drone, à laquelle nous avons consacré un article? Question d’années, d’une décennie ou deux tout au plus!


LIRE AUSSI : Votre épicerie livrée par Ama-drone


Par ailleurs, Alain Dumas affirme que le temps (celui qu’on ne possède pas, surtout) demeure un enjeu de taille pour les consommateurs, ce qui ne va pas sans influer sur l’offre de produits. On serait en voie de migrer progressivement du « prêt à manger » vers le « prêt à cuire », une tendance qui traduit le désir du client de manger sur le pouce tout en prenant soin d’assembler lui-même son repas. Quant aux produits vedettes, l’Asie et sa cuisine constituent toujours une valeur sûre en 2016, tout comme le sont les légumes, que l’on apprête maintenant jusqu’au dessert, question de répondre davantage aux demandes et aux préoccupations des consommateurs! Somme toute, notre consommateur d’aujourd’hui recherche l’authenticité et la traçabilité, dans un monde où la sécurité alimentaire devient à la fois une préoccupation et un enjeu. Peut-on réellement le lui reprocher?

Des certitudes dures à obtenir

« Le consommateur demande de l'information, et nous lui en fournissons », déclare Alain Dumas. Et c'est sans doute là où le bât blesse, dans la mesure où la pléthore d'information à laquelle nous sommes soumis rend nos choix complexes. Doit-on favoriser le bio, même quand le produit provient d'ailleurs, au détriment du local? Doit-on consommer du « sans » (sans gluten, sans lactose, sans gras, etc.) même si on ne souffre d'aucune pathologie? Le casse-tête du consommateur devient aussi celui du marchand...  

Et ne manquez pas de lire notre premier compte rendu du colloque SPECTRE, « Croissance modeste, mais croissance tout de même, pour le Québec en 2016 », alors que Pierre Cléroux, de la Banque de développement du Canada, annonce les grandes tendances macroéconomiques pour le Québec et le Canada en 2016.