Femme d’affaires accomplie et philanthrope acharnée, Joey Adler n’a l’esprit tranquille que si chaque soir elle a amélioré la vie d’au moins une personne. D’ailleurs, l’ex-PDG de Diesel Canada aime citer cet ancien proverbe chinois : un voyage de mille lieues commence toujours par un pas. 

2001, Joey Adler entre dans une période de turbulences qui marquera un tournant décisif dans sa vie. Son mari, Lou Adler, entre à l’hôpital : il est atteint d’un cancer rare et foudroyant. On lui donne à peine quelques jours. Il vivra encore 17 mois, grâce notamment au combat et au soutien indéfectible de son épouse. Cette femme d’affaires déterminée qui a évolué avec succès dans le domaine de la mode pendant 35 ans aux côtés de l’homme de sa vie poursuit dès lors son chemin, transformant le deuil avec l’optimisme inébranlable qui la porte et la volonté de changer le monde au moyen d’un nouveau modèle de philanthropie adapté au milieu des affaires.

Le courage du trajet intérieur

Quelques moments déterminants jalonnent chaque existence humaine, offrant ainsi l’occasion à la personne qui les vit de poursuivre ou de bifurquer. Dans le cas de Joey Adler, il y a certes eu le décès de son mari, qui l’a menée sur la voie active de la philanthropie. Et il y a aussi eu ce retour sur les bancs d’école, lorsqu’elle a décidé, au début de la cinquantaine, de se consacrer à l’obtention d’un MBA pour cadres.

Qu’est-ce qui pouvait bien motiver cette femme d’affaires accomplie – Joey Adler a été PDG de Diesel Canada pendant près de trois décennies – à se plier à un programme de cette exigence? «Je pourrais évoquer plusieurs raisons, toutes vraies! La curiosité, le plaisir d’apprendre et d’aller à l’école… Mais au fond, la véritable explication, c’est le désir de faire quelque chose pour moi-même. Pendant une dizaine d’années, après la mort de mon mari, j’ai vécu pour tout le monde. Sauf pour moi-même», confie simplement Joey Adler.

Commence alors une traversée personnelle à la rencontre d’émotions muselées depuis bien longtemps, un temps d’arrêt entre les murs d’une université, parmi de nouveaux collègues, une période intensive de proximité où il faut se raconter, écouter, s’ouvrir. «La première semaine, Laurent Lapierre, professeur émérite à HEC Montréal, nous a littéralement déconstruits : il nous a apporté, à nous étudiants, quelque chose dont il ne se doutait peut-être pas ! Je me rappelle également être assise avec un haut dirigeant qui m’a raconté avec honnêteté les aléas de sa propre vie. Et j’ai compris que nous portions tous une histoire, que nous sommes tous des êtres humains», raconte calmement Joey Adler, précisant que malgré ce profond désir d’aller vers l’autre, elle a alors pris conscience de s’être refermée sur elle-même.

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