Les médias d’information se trouvent bien malgré eux au cœur des bouleversements causés par l’avènement du secteur numérique et de ses géants, qui carburent aux données massives générées par leurs utilisateurs. Depuis lors, les mégadonnées représentent à la fois des menaces et des possibilités pour les entreprises de presse, dont les modèles d’affaires ont été bousculés et dont les publics se sont dispersés.

La nature des actions mises en œuvre ou non par les salles de rédaction en ce qui concerne l’emploi des données influence déjà la diffusion et la qualité de l’information accessible aux citoyens ainsi que les moyens dont ceux-ci disposent pour se positionner par rapport à ce qui les entoure.

La circulation de l’information durant la campagne électorale présidentielle de 2016 aux États-Unis illustre une facette de cette dynamique. Tant sur Facebook que sur d’autres plateformes, nos voisins américains ont assisté à une propagation explosive de fausses nouvelles, un phénomène auquel nous n’échappons pas. À la suite de pressions répétées, le média social Facebook a annoncé en décembre dernier qu’il luttera contre la désinformation en externalisant la vérification des faits à des institutions comme le Washington Post. Même si ce fléau est loin d’être enrayé, cela suggère que l’expertise éditoriale peut être compatible avec les rouages algorithmiques et que le « quatrième pouvoir » peut susciter un développement plus éthique des modèles statistiques qui ont de véritables effets sur nos vies.

J'achète!

Poursuivre votre lecture pour seulement 2,99 $

Je m'abonne!

Accédez à tous les articles en vous abonnant à partir de 3,25$

Ou