Il finit (presque toujours) par occuper tout le temps qu'on lui consacre, affirme le professeur Parkinson!

Vous l'avez sans doute connue comme lorsque vous étiez étudiant, et celle-ci vous a peut-être suivi tout au long votre carrière de gestionnaire... La loi de Parkinson, puisque c'est de ce principe dont il s'agit, a été énoncée pour la première fois en 1955 dans les pages de The Economist par le Britannique Cyril Northcote Parkinson, à cette époque professeur d'histoire à l'Université de Malaisie à Singapour. Lancée un peu à la blague à l'époque, la loi élaborée par le professeur Parkinson s'appuyait sur les observations de ce dernier quant à la hausse des effectifs de l'Amirauté britannique et du Ministère des colonies, même si l'Empire britannique était clairement sur son déclin. La conclusion image1générale de ses observations est que, ceteris paribus, il n'y a généralement pas de corrélation entre l'ampleur d'une tâche à réaliser et la taille de l'équipe qui la réalisera. S'il en existait une, le personnel des deux instances gouvernementales britanniques ci-haut évoquées aurait dû être en chute libre. Mais il n'en fut rien, comme l'illustrent les statistiques ci-contre, tirées de l'article original du professeur Parkinson! Bref, le travail est comme un fluide : il tend à occuper tout l'espace qui le contient!

Le travail, cette notion élastique...

Si la chose est valable pour le nombre d'employés affectés à une tâche, elle l'est tout autant pour cette précieuse ressource qu'est le temps. De fait, la loi énoncée par le professeur Parkinson stipule que le travail tend à s'allonger et finit par occuper tout le temps octroyé à sa réalisation¹. En termes concrets, la loi de Parkinson énonce un principe simple et ô combien humain : si l'on vous accorde une semaine pour compléter une tâche quelconque, les chances sont grandes que vous preniez cette même semaine complète pour réaliser ladite tâche. Votre patron vous donne une semaine supplémentaire? La réalisation de la même tâche s'étirera comme par magie tout au long des deux semaines qui vous sont dévolues.

Lecteur qui procrastine, — mon semblable, — mon frère!²

Nous avons tous connu la chose, n'est-ce pas? Mais comment peut-on, en toute logique, expliquer l'acuité d'un tel principe? De toute évidence, il y a une défaillance majeure quant à la gestion que l'on peut faire de notre temps et de notre agenda! Une hypothèse fort intéressante est suggérée par Joel Falconer, dans son article publié sur le site Internet Lifehack.org (lire « How to Use Parkinson’s Law to Your Advantage »). Selon ce dernier, nous sommes probablement encore trop ancrés dans cette conception quelque peu désuète que nous devons travailler plus fort, et pas nécessairement plus intelligemment (« work harder, not smarter », dit-il). Instinctivement, nous en venons souvent à la conclusion que (1) plus nous accordons de temps à une tâche, meilleur le résultat final sera et que (2) nous avons, de manière générale, tendance à surestimer le temps qu'il faut pour réaliser une tâche, compte tenu de l'affirmation précédente, et compte tenu également que nous nous ménageons toujours un bon coussin pour palier aux imprévus.

Déjouer la loi de Parkinson

temps

Comment ne pas tomber dans le piège de la procrastination? Joel Falconer suggère un truc bien simple, mais ô combien efficace. Dans un premier temps, établissez la liste des tâches que vous avez à abattre. Par la suite, déterminez le temps que vous estimez nécessaire à la réalisation de chaque tâche, puis coupez celui-ci de moitié! Munissez-vous d'un chronomètre ou d'une minuterie (votre téléphone intelligent possède les deux!), et faites de cet instrument votre principal ennemi! Vous serez sans doute le premier étonné du temps que l'on peut sauver de cette manière!


¹ Notre traduction de l'énoncé suivant du professeur Parkinson : « [...] work expands so as to fill the time available for its completion. »

² Notre adaptation du célèbre vers de Charles Baudelaire : « Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère! ». (Au Lecteur, poème tiré du recueil Les Fleurs du mal). Lire Gestion, c'est aussi se cultiver!