Ancien pdg de Rona, Robert Dutton a fait de l'éthique et de la RSE son prochain cheval de bataille!

« C’est un sujet qui me passionne, déclare l’ancien patron de RONA. J’avais envie de partager mon expérience d’entrepreneur avec les jeunes. J’ai d’abord créé pour l’École d’Entrepreneurship de Beauce une conférence qui s’appelle LEED (pour Leader Entrepreneur Éthique et Durable), un clin d'œil au sigle de la certification internationale Leadership in Energy and Environmental Design. »

Les gens, vrai moteur des entreprises

Homme d’action et de conviction, Robert Dutton ne voulait pas profiter d’une retraite paisible sur les parcours de golf. « J’ai géré une entreprise qui est devenue publique, dit-il. J’ai rencontré des investisseurs, des banquiers, des actionnaires. Et jamais on ne m’a posé de questions sur le personnel, sur les gens. On se préoccupait plutôt de la logistique, du matériel, de l’immobilier. »

C’est à partir de cette réflexion que M. Dutton a commencé à réaliser l’importance de l’éthique et des valeurs dans une perspective humaine de durabilité. « Si je n’avais pas pu compter sur tous ces gens à l’intérieur de l’entreprise, nous ne nous serions jamais rendus aussi loin », insiste-t-il.

Le parcours de Robert Dutton est à la fois remarquable et, à une époque où tout bouge tellement vite, d’une étonnante stabilité.

« Je me suis beaucoup interrogé sur la "durabilité" en entreprise. Pourquoi reste-t-on dans une organisation? Qu’est-ce qui fait que des employés sont attachés à une entreprise? Chez RONA, par exemple, il y avait non seulement une grande fidélité des employés à l’égard de la bannière, mais également un véritable attrait des chercheurs d’emploi pour la marque. »

Le dirigeant a voulu comprendre. Il a creusé le sujet, étudié la question et fait un constat simple et fort : l’indice de mobilité est le résultat de la cohérence entre le discours d’une entreprise et les valeurs qu’elle véhicule, la manière dont elle les décline ainsi que les gestes qu’elle pose.

« Chez RONA, je disais toujours qu’on ne fait pas juste vendre des clous, on a l’impression de participer à quelque chose de plus grand, explique le nouveau professeur. Chaque employé participe à ce quelque chose de plus grand. Chacun est indissociable du tout et collabore aux valeurs de l’entreprise. »

Aussi, si une entreprise fait preuve d’authenticité dans ses actions et de cohérence dans son discours, il y a de plus fortes chances que les gens veuillent la suivre. « Les employés sont fiers d’accompagner un leader fidèle à ses valeurs, poursuit M. Dutton. On s’attend à ce que ce soit quelqu’un de visionnaire, bien sûr, mais aussi un dirigeant qui ne voit pas uniquement les employés comme des ressources. Ce sont avant tout des humains. »

L’éthique des leaders doit donc refléter les valeurs de l’entreprise. Leurs gestes et leurs décisions parlent en effet plus que n’importe quel texte ou mission d’entreprise.

Entrepreneuriat et responsabilité sociale

Le « quincaillier de carrière », comme il aime à se définir, pense qu’en créant des programmes internes de responsabilité sociale, par exemple en donnant l’occasion aux travailleurs de s’impliquer sur le plan environnemental, les entreprises contribuent à ce que les employés donnent un sens à leur vie, et donc à la société. « Une société plus juste et plus humaine donne aussi un sens à l’organisation », précise-t-il.

Robert Dutton est convaincu que les nouveaux leaders-entrepreneurs éthiques et durables de demain ne seront plus uniquement créateurs de richesse et de prospérité. Ils le seront, bien entendu, mais au bénéfice de leurs clients, de leurs employés et de toute la communauté dans laquelle ils œuvrent.

« Je suis impressionné de voir les préoccupations des jeunes aujourd’hui par rapport aux questions d’éthique, à la valeur qu’ils donnent à leurs actions et à la dimension sociale de leur parcours, confie le professeur. C’est encourageant. Les jeunes ont un véritable sens des responsabilités envers la société. »

L’ancien leader de RONA souhaite que les futurs entrepreneurs à qui il enseigne soient capables de croire en leurs rêves et qu’ils puissent mobiliser les gens autour d’eux et de leurs projets.

« Les gens ne nous demandent pas d’être parfaits. Ils nous demandent d’être vrais. Ils veulent qu’on démontre nos intentions de changer », aime-t-il rappeler aux étudiants qu’il accompagne sur le chemin de l’entrepreneuriat.

« Je suis confiant en l’avenir. Les jeunes ont des valeurs. Ils savent les mettre en pratique », conclut Robert Dutton, le sourire rempli d’espoir.