Apprendre constamment et développer ses connaissances sont des compétences absolument essentielles pour améliorer son parcours professionnel. Or, il est souvent plus sécurisant de rester dans sa bonne vieille routine que de réaliser de nouveaux apprentissages… Voici comment et pourquoi on ne devrait jamais cesser de s’autodévelopper.

Parmi la liste des compétences qui se révèlent particulièrement utiles sur le marché du travail, l’apprentissage actif et la capacité à s’autodévelopper occupent une place de choix. Pourquoi? «Parce que les personnes qui réussiront le mieux sont celles qui évolueront continuellement tout au long de leur carrière et qui ont les deux mains sur le volant de leur développement. C’est une approche saine et gagnante face à l’incertitude ambiante», résume Marie-Claude Gaudet, CRHA, professeure adjointe au Département de gestion des ressources humaines de HEC Montréal.

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Apprendre dans l’action

Concrètement, cela consiste à rechercher des façons actives de se développer et de réaliser des apprentissages, tant par le biais de méthodes formelles que de manière informelle. Autrement dit, il faut se placer dans la posture de l’apprenant en tout temps.

Néanmoins, ce qui peut sembler facile au premier abord ne l’est finalement pas, car cela demande un effort. «L’apprentissage actif est l’opposé de l’apprentissage passif. Avec le premier, on apprend dans l’action, on pose le geste, on le reproduit, on le mime; bref, on est impliqué dans le processus. Le second pourrait rappeler des étudiants qui prennent des notes dans le cadre d’un cours», décrit Pierre Lainey, maître d’enseignement au Département de management de HEC Montréal, qui ajoute : «C’est pourquoi l’apprentissage actif est plus exigeant; il faut réfléchir à ce qu’on fait, à la façon dont on le fait et pourquoi.» De plus, parce que cela requiert du temps et du travail, les employés ne sont pas toujours enclins à saisir des occasions qui permettent de développer ces compétences, car ils ont déjà beaucoup d’autres tâches à accomplir…

Pour sa part, Michel Di-Lillo, CRHA, vice-président, Formation et services-conseils, au sein de la firme Actualisation IDH, cite le principe du «70-20-10» : «Selon ce modèle, le développement passe à 70 % par des projets ou des défis qui nous ont été confiés; à 20 % par le biais d’apprentissages par les pairs, mentors ou coachs; et le dernier 10 % par des formations structurées.» Cela signifie également que, pour progresser, l’employé devra prendre en charge son propre développement et ne pas attendre que tout lui tombe tout cuit dans le bec! Il devra faire preuve de curiosité, se renseigner et chercher des réponses par lui-même.

Stimuler la fibre de l’autodéveloppement

Le gestionnaire qui voudra stimuler la fibre de l’autodéveloppement chez ses travailleurs devra non seulement favoriser l’apprentissage, mais aussi valoriser les efforts de ceux qui auront effectué des recherches en quête de solutions. «Par exemple, on pourrait consacrer une période au retour sur expérience dans les réunions d’équipe, afin que les gens expliquent les solutions qu’ils ont identifiées pour faire face à tel ou tel problème, et de quelle façon ils les ont trouvées», recommande Michel Di-Lillo.

De son côté, Marie-Claude Gaudet propose aux gestionnaires de fournir des occasions à leurs équipes, de leur lancer des défis et de leur accorder les ressources nécessaires – temps, budget, formations, documentation, etc. –, tout en favorisant les échanges. «Cela nécessite aussi une ouverture à la prise de risque, une culture dans laquelle on n’a pas peur de se tromper, de poser des questions et d’essayer différentes choses», dit-elle.

L’employé qui voudra travailler sur ces compétences devra pour sa part changer son état d’esprit et voir chaque situation comme une occasion d’apprendre. «En ce sens, on devrait se porter volontaire pour des missions ou des projets spéciaux et ne pas hésiter à sortir de sa zone de confort tout en contribuant au développement de ses collègues par le biais du mentorat, du coaching, des conférences, etc. Car enseigner est aussi une excellente manière d’apprendre», ajoute la professeure.

Accepter de recevoir de l’aide et en demander, réclamer de la rétroaction et ne pas craindre de poser des questions sont d’autres façons de multiplier les occasions de faire des apprentissages de façon informelle.

À l’instar des autres compétences générales (soft skills en anglais), il n’est cependant pas aisé de faire ressortir sa capacité d’autodéveloppement et d’apprentissage actif dans un CV. Pour y parvenir, Michel Di-Lillo conseille au travailleur d’arrimer les comportements aux compétences; autrement dit, d’expliquer de quelle façon ces dernières se sont traduites concrètement. On illustrera par exemple quelles solutions on a trouvées à un problème précis, et quel a été le cheminement emprunté pour y parvenir. Ce faisant, on pourra faire également ressortir son esprit curieux, sa ténacité, sa capacité à dénicher des sources variées d’information, etc.