La gestion de la relève a été projetée à l’avant-plan des priorités dans l’ordre du jour des spécialistes de la gestion des ressources humaines. La raison de cette soudaine urgence tient à l’évolution récente des enjeux démographiques de la société, enjeux qui sont encore plus grands au Québec qu’ailleurs en Amérique.

On ne peut étudier et analyser la gestion de la relève en faisant abstraction des paramètres de nature démographique qui caractérisent les personnes qui œuvrent sur le marché du travail ou qui y entreront à terme. Parmi ces caractéristiques de la démographie, on retient principalement le genre, les origines ethniques et culturelles, l’état physique et bien entendu l’âge.

Cette caractéristique de l’âge soulève un certain nombre de questions névralgiques pour le progrès de l’économie et la qualité de vie en général. En voici quelques exemples : comment préserverons-nous le capital de compétences détenu par les travailleurs expérimentés? Comment convaincrons-nous les personnes en fin de carrière d’allonger leur vie professionnelle au-delà de la date d’admissibilité à la retraite? Comment transformerons-nous les pratiques de gestion pour séduire et attirer une nouvelle génération de travailleurs? Comment ferons-nous en sorte que la cohabitation entre les jeunes et les personnes expérimentées soit porteuse de progrès et non de conflits dans les organisations?

Voilà autant d’interrogations qui sont au cœur de la gestion de la relève.

Pour tenter d’apporter des éléments de réponses à ces «comment», nous procéderons en trois temps. Premièrement, nous ferons un rappel des tendances démographiques qui expliquent l’urgence de la situation. Deuxièmement, nous insisterons sur un certain nombre d’effets observés sur le marché du travail. Troisièmement, nous mettrons en évidence les enjeux liés à la gestion de la diversité, plus particulièrement en ce qui a trait à la gestion des personnes en fin de carrière, à la gestion des jeunes recrues associées à la génération Y et à la gestion de l’intergénérationnel.


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Rappel des tendances démographiques

Les sociétés modernes sont frappées de plein fouet par des bouleversements importants qui se produisent sur le plan démographique. Au Canada, le Québec est la province la plus menacée par les tendances qui se dessinent en matière d’évolution de la population. Parmi les tendances les plus marquées, mentionnons les suivantes :

  • L’accroissement naturel et l’accroissement total de la population québécoise sont en baisse. Les deux principales causes de ce phénomène sont le faible taux de natalité et un solde migratoire nul. La politique de la natalité (et de la famille) ainsi que la politique de l’immigration sont au banc des accusés.
  •  La faible performance du Québec en matière de croissance démographique a comme conséquence de faire chuter son poids démographique par rapport à la population canadienne. En effet, de 27,9 % qu’elle était en 1971, la proportion de la population québécoise est passée à 23,75 % en 2003 (Institut de la statistique du Québec, 2004). En comparaison, l’Ontario constitue aujourd’hui 38,7 % de la population canadienne.
  • Si le mouvement observé ces dernières années ne s’inverse pas, le Québec fera face à un déficit démographique en 2031. «La population du Québec – 7,5 millions de personnes en 2003 – pourrait passer la barre de 8 millions vers 2021, croître très lentement jusqu’à 8,1 millions en 2031, et basculer ensuite dans un lent déclin qui porterait la population à 7,8 millions de personnes en 2051» (Institut de la statistique du Québec, 2004 : 1).

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