L'industrie spatiale poursuit ses avancées, malgré les dernières malchances...

Fusée Falcon 9

La fusée Falcon 9, de SpaceX
(image : SpaceX)

Si, pour emprunter la célèbre phrase de la série-culte Star Trek, l'espace est la dernière frontière qu'il reste à conquérir, celle-ci ne se laissera pas vaincre aisément! Les récentes déveines vécues par l'industrie spatiale au cours des derniers jours rappellent à quel point la conquête de l'espace demeure une entreprise hautement risquée. Le 1er septembre dernier, une fusée Falcon 9 de l'entreprise SpaceX, propriété d'Elon Musk¹, explosait sur la plateforme de lancement à Cap Canaveral (Floride), détruisant du coup le satellite de communications israélien Amos-6 qu'elle devait placer en orbite. On imagine facilement les centaines de millions de dollars qui se sont littéralement envolés en fumée lors de l'incident...

Une industrie colossale

Malgré ce récent échec et ceux survenus antérieurement, la valeur de l'industrie spatiale mondiale a atteint l'impressionnante somme de 323 milliards de dollars en 2015, s'il faut en croire les données de la Space Fondation, incluses dans leur bilan « The Space Report 2016 ». Les progrès de la technologie et l'expérience acquise au fil des décennies expliquent en bonne partie la croissance modeste mais régulière de l'industrie. Il est en effet beaucoup moins coûteux aujourd'hui de placer un kilogramme en orbite qu'il y a une décennie seulement. D'autre part, la miniaturisation des composantes électroniques fait en sorte que les satellites orbitant autour de la Terre sont beaucoup moins massifs qu'auparavant. De fait, les nanosatellites (moins de dix kilogrammes) étaient de la moitié (48 %) des 262 lancements orbitaux effectués en 2015. En somme, l'espace devient de plus en plus abordable pour quiconque, entreprise ou gouvernement, voulant placer un satellite en orbite. Signalons enfin qu'au chapitre de la main-d'oeœuvre, et dans le seul cas des États-Unis, où sont situés la grande majorité des emplois de ce secteur, plus de 220 000 personnes y travaillent quotidiennement.

De surprenantes occasions d'affaires!

On pourrait penser, à tort, que l'industrie spatiale est uniquement orientée dans le segment du placement de satellite et du transport de matériel vers les plus hautes altitudes. Il est vrai que ces activités précises constituent encore une grande partie des revenus de l'industrie. Mais toutefois, d'autres entreprises, toutes plus sérieuses les unes que les autres, entendent bien profiter de l'accès plus aisé à l’'abîme sidéral afin d'y faire de bonnes affaires, dans un avenir plus ou moins lointain.

Deep Space Industries

(images : Deep Space Industries)

C'est notamment le cas des entreprises américaines Deep Space Industries et Planetary Resources, dont l'objectif avoué est de s'attaquer au potentiel minier... des astéroïdes transitant dans le voisinage de la Terre et de la Lune. Ces objets célestes, qui se dénombrent par centaines de milliers, contiendraient 42 trillions de tonnes de ressources diverses : eau, gaz rares, métaux nobles (platine, or et argent) et moins nobles, tels le fer et le nickel, tous d'un degré de pureté inégalé sur Terre. Dans le cas du concept proposé Deep Space Industries, l'entreprise entend couvrir la chaîne de production (prospection, extraction, raffinage et transformation) à l'aide d'une série d'engins spatiaux robotisés (voir l'image ci-contre) qui seront en mesure, espère l'entreprise, de ramener sur Terre les précieux gaz et minéraux. Pure fantaisie, dites-vous? Sachez que le Grand-Duché de Luxembourg, qui sait judicieusement placer son argent, est un partenaire d'affaires important des deux entreprises...

Et si jamais la fortune vous souriait et que vous aviez 250 000 $ à dépenser dans une folie quelconque, réservez dès maintenant un siège dans le VSS Unity de l'entreprise Virgin Galactic (inscriptions par ici!), entreprise membre de la constellation Virgin et de l'’excentrique milliardaire Richard Branson. Accroché à son vaisseau-mère, le VSS Unity décolle comme un avion, se sépare par la suite pour continuer la montée vers les orbites inférieures de la Terre (voir la vidéo en tête d'article). Après quelques révolutions autour de notre planète, l'engin réintègre l'atmosphère et se pose comme un planeur. Tout simple!

Tourisme spatial, extraction minière... Nous n'y sommes pas tout à fait, mais presque... Qui aurait pu prédire de telles avenues technologiques et économiques il y a seulement vingt ans? Et qui sait ce qui nous attend dans le vide interstellaire dans les décennies à venir? Nous vivons résolument des temps extraordinaires!


¹ À propos du jeune et audacieux milliardaire Elon Musk, lire nos article « Le dernier coup d'éclat d'Elon Musk et Tesla » et « Innover en décrochant la lune ».