Article publié dans l'édition automne 2015 de Gestion

La course à la technologie est telle que bon nombre d’experts y voient la solution miracle à tous les problèmes que nous rencontrons, quels que soient les domaines. Toutefois, cela pose problème : cette vision est non seulement péremptoire mais aussi biaisée puisqu’elle est centrée sur ses seuls bienfaits possibles. Nous en oublions que ce qui fait marcher le monde de l’économie et du social, ce sont les réactions qu’elle suscite chez les êtres humains. Si nous recentrons alors la réflexion de départ sur eux, nous nous rendons compte que les choses ne sont pas aussi simples et encore moins aussi évidentes qu’elles en ont l’air : c’est le revers de la médaille. C’est l’inadéquation du mobile.

Tous les marins du monde connaissent, admirent et redoutent la fameuse vague scélérate. Pour eux, elle symbolise à la fois la force immense des océans et leur énorme potentiel destructeur, capable d’arracher des parties entières des plus gros navires, voire de les engloutir purement et simplement.


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Par analogie, nous pouvons dire ici, sans exagérer le moins du monde, que la technologie du mobile constitue elle aussi une sorte de lame de fond très impressionnante, une véritable révolution, mais dans un tout autre domaine : celui des comportements des marchés du monde entier et de la nécessaire transformation des pratiques qu’elle entraîne dans les entreprises de toutes les tailles et de tous les secteurs.

Ce constat est criant, personne ne peut le nier. Nous sommes entrés en peu d’années dans l’ère des téléphones mobiles, devenus par la suite intelligents1. D’ici 2020, 80 % des adultes auront un superordinateur dans leur poche. Le phénomène est d’autant plus spectaculaire qu’il est impossible de l’arrêter et qu’il va perdurer longtemps puisque les taux d’équipement des individus sont loin d’avoir atteint leur plein potentiel partout. Dans les pays les plus novateurs, ces taux peuvent dépasser largement les 100 %, ce qui signifie que certains individus tiennent tellement à cet ordinateur de poche qu’ils en possèdent plusieurs ! C’est le cas à Singapour, au Japon, en Finlande, en Corée du Sud et en Suède, où les taux de souscription à des téléphones mobiles à bande passante large sont supérieurs à 100 %, excédant les 123 % à Singapour. Les États-Unis ne sont qu’à 74,7 %, la France et le Canada tirant de l’arrière avec seulement 37,5 % et 32,5 %. C’est donc qu’il y a encore tout un potentiel de croissance en vue2.

Depuis 2013, le nombre de connexions de téléphones intelligents a, dans le monde, dépassé celui des ordinateurs fixes, ces derniers étant d’ailleurs en déclin. Cette croissance s’applique non seulement aux pays développés mais aussi aux nations en voie de développement, bien que celles-ci accusent un certain retard. Le nombre de téraoctets transmis chaque mois explose littéralement et, sur le plan des économies de marché, tous les experts s’accordent à dire que les achats de toutes sortes faits sur mobile vont dépasser ceux faits à partir d’ordinateurs fixes d’ici 2018 au plus tard. En fait, il semblerait que cela soit déjà le cas : beaucoup de gens préparent leurs achats sur leur mobile et les concluent par un paiement sur leur ordinateur, croyant à tort ou à raison qu’il est plus sécuritaire de procéder ainsi.

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