Martin Imbleau, de Gaz Métro, nous fait part de sa vision de l'année énergétique 2016 au colloque Spectre.

L'énergie est au cœur de notre prospérité collective. C'est donc un sujet incontournable que l'on doit suivre avec une attention toute particulière si l'on veut bien saisir les enjeux socioéconomiques actuels et futurs. Lors de son passage au colloque SPECTRE tenu à HEC Montréal en décembre dernier, Martin Imbleau, vice-président, développement de l'entreprise et énergies renouvelables chez Gaz Métro, a brossé, au bénéfice de son auditoire, un portrait somme toute mitigé des grandes tendances au chapitre de l'énergie pour l'année 2016, portrait dont nous vous révélons les grandes lignes dans ce qui suit.

Le pétrole occupe évidemment le devant de la scène, avec des cours qui sont à des niveaux historiquement très bas. Certes, l’offre abondante contribue à cet état de fait, mais les tensions constatées au sein des douze membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) y sont aussi pour quelque chose. Les pays sud-américains (Venezuela et Équateur) souhaitent une limitation de la production afin que prix du baril s'élève, tandis que les pays arabes optent plutôt pour poursuivre l'accroissement de l'offre et, conséquemment, un prix du baril très bas, histoire de couper l'herbe sous le pied au pétrole de schiste américain. Bref, l'ère du pétrole à rabais est loin de tirer à sa fin, et les experts ne prévoient pas de remontée du prix du baril avant la fin de l'actuelle décennie. Qui est la grande gagnante de cette situation, nous demande Martin Imbleau? C'est le géant chinois, qui profite du contexte actuel pour accumuler des barils de pétrole acquis à bas prix, une chose qui devrait aider à relancer la production manufacturière dans l'Empire du Milieu.

Tensions, donc, mais ambivalences également, constatées pour 2015 et qui persisteront en 2016. Dans la foulée de la conférence de Paris de 2015 sur le climat, Martin Imbleau prend acte de la volonté quasi planétaire de réduire les gaz à effet de serre (GES), mais aussi de la difficulté des acteurs régionaux (prenons le cas des membres de la confédération canadienne qui s'entredéchirent à ce sujet) et mondiaux de trouver un consensus quant aux cibles à atteindre. Certes, l'accord de Paris prévoit de contenir le réchauffement climatique en-deçà de deux degrés Celsius. Mais dans les faits, les actions conjuguées de tous ne permettent pas, à l'heure actuelle, d'atteindre cet objectif pourtant minimal.

Pourquoi? Parce que les actions des grands pays industrialisés comportent leur lot de contradictions évidentes. Ainsi, nous a révélé Martin Imbleau, alors que l'on pensait être en voie de se débarrasser de ce fléau qu'est la consommation énergétique de charbon, le conférencier a souligné le fait que cette consommation s'est maintenant déplacée vers des pays tels que l'Allemagne, royaume de l'éolien, et le Japon, où le nucléaire est bien implanté. Voilà qui n'aide en rien...

Par ailleurs, toujours dans la perspective de la réduction des GES, le transport lourd (camions, navires, trains, etc.) continue, dans le cas québécois entre autres, de venir saper les efforts que l'on met collectivement à réduire ces émanations nocives pour l'environnement en contribuant à près de la moitié des émissions. En ce sens, la voiture électrique, comme le soulignait notre collègue Pierre-Olivier Pineau (lire son article « Quelle rigueur électrique? », sur le site Internet de La Presse) a le mérite de soulager notre conscience, mais s'avère un bien mauvais calcul dans l'équation de la réduction des GES, et ce même si le prix du kilowatt/heure est toujours aussi bon marché chez nous.

Quoi qu'il en soit, l'énergie et l'environnement, deux sujets fortement imbriqués, continueront de monopoliser l'actualité en 2016. Il sera tout aussi important de s'en soucier...

Dans le dernier article d’une série de quatre, Oona Stock, associée chez KPMG, nous parle des tendances 2016 dans le secteur des technologies numériques et de l’expérience-client. Un article à lire vendredi prochain, sur le site Internet de Gestion.

Ne manquez pas de lire ou de relire nos comptes rendus précédents du colloque SPECTRE :

« Croissance modeste, mais croissance tout de même, pour le Québec en 2016 », alors que Pierre Cléroux, de la Banque de développement du Canada, annonce les grandes tendances macroéconomiques pour le Québec et le Canada en 2016.

« Que mettrons-nous dans notre assiette en 2016? », un coup d’œil d'Alain Dumas, de Sobeys Québec, sur les tendances alimentaires pour l’année à venir.