L’imprévisible ne se programme pas, mais il s’imagine. Pour innover en entreprise, il ne suffit plus de faire progresser les modes d’exploitation habituels. Réimaginer permet de sortir du cadre, et ce, au plus grand bénéfice des personnes impliquées dans ce processus. Les entreprises qui instaurent une culture de la rupture orientée vers les usages réels des clients seront mieux armées pour affronter les 10 prochaines années, qui s’annoncent difficiles, notamment parce que l’Asie investit désormais dans les innovations de rupture.

Il était une fois une dinde qui coulait des jours heureux dans sa basse-cour. Chaque jour, le fermier lui apportait du grain, de l’eau, et la laissait se promener librement au lieu de la mettre en cage. Elle prit ainsi des forces et devint grassouillette. Pour elle, l’avenir était tout tracé : les choses s’annonçaient sous leur meilleur jour. Tout alla bien jusqu’au 24 décembre, où le fermier la pluma et en fit son repas de Noël1. Ce qui a fait défaut à cette dinde ? La capacité d’imaginer d’autres scénarios que celui qu’elle avait en tête, en l’occurrence les scénarios du pire. Moralité : déduire le futur à partir du passé est dangereux ; déduire sa conduite à partir de l’avenir souhaité peut représenter le salut. C’est le sens même de l’innovation de nos jours : on doit se demander ce qu’on désire et non plus seulement se lancer à la recherche des innovations qui pourraient conforter et renforcer nos succès. Par exemple, la société Philip Morris vient d’annoncer que la cigarette traditionnelle, selon elle, va disparaître au profit de la cigarette électronique. Personne ne sait si cette prédiction se réalisera, mais elle constitue la preuve qu’une entreprise en bonne santé peut imaginer le pire afin d’innover autrement.

J'achète!

Poursuivre votre lecture pour seulement 2,99 $

Je m'abonne!

Accédez à tous les articles en vous abonnant à partir de 3,25$

Ou