Le monde des chasseurs de têtes n'arrête pas de tourner à l'arrivée de l'été!

C’est le temps des vacances, la saison pour relaxer ou chasser, selon vos priorités. Dans le cas des chasseurs de têtes, le monde n’arrête pas de tourner, et parfois même ça tourne un peu carré! 

La gestion des attentes

La réalité, c’est que le client peut prendre autant de temps qu’il le souhaite pour prendre sa décision quant à un candidat ou à un processus d’entrevues, mais lorsque cette décision est prise, les attentes sont grandes, et les délais très courts. En temps normal, votre chasseur devrait s’engager à présenter sa liste de candidats dans les 4 à 6 semaines. Par contre, les vacances des candidats pressentis et les nôtres doivent être prises en considération, ce qui peut nous projeter beaucoup plus tard dans le temps.

Voici la question (à développement) qui tue : En prenant en considération la période estivale, les absences des candidats en raison de leurs vacances et la difficulté à joindre un grand nombre de ceux-ci, le chasseur devrait-il présenter uniquement les candidats qu’il a joints à son client? Ou recommander à ce dernier d’étendre le processus d’embauche afin d’avoir un meilleur échantillonnage de candidats?

Pour ma part, si mon échantillonnage de candidats ne représente que 50 % de mon nombre habituel, je vais l’indiquer à mon client afin qu’il puisse prendre une décision éclairée quant à son choix ultime ou quant à la possibilité d’allonger de quelques semaines le processus d’embauche. C’est toujours la question de la gestion des attentes.

Qu’en est-il pour les candidats?

Voici l’histoire vraie de Julie, une amie, qui me raconte que l’été dernier, elle a été approchée par un chasseur pour un poste très intéressant, soit un emploi qui lui permettrait de prendre du galon au sein de l’entreprise, le contraire de sa situation actuelle où elle est limitée dans son développement. Après 10 ans au même endroit, elle croit que c’est le bon moment.

Elle prend donc connaissance des détails du poste, et répond au chasseur. Vous pouvez vous imaginer qu’après si longtemps chez le même employeur son curriculum vitae n’est pas à jour. Le chasseur lui dit donc : « Prends ton temps de toute façon je commence ma recherche ». Elle prend donc quelques heures de son weekend afin de mettre à jour son profil et l’envoie au chasseur. Julie lui précise toutefois qu’elle quitte la ville avec sa famille pour deux semaines de vacances. « Pas de problème », répond le chasseur, mais il bouscule tout de même son horaire pour fixer une entrevue entre elle et lui avant son départ : vendredi 18h!

Tout se déroule bien, l’entrevue est un peu expéditive, mais Julie est vraiment intéressée et, comme Montréal est un grand village, elle connaît déjà l’organisation et son futur patron potentiel.

Les vacances débutent, Julie n’arrête pas de penser à ce nouveau défi qui l’attend, elle est vraiment motivée, mais elle profite tout de même de vacances bien méritées en famille.

C’est alors que la dynamique change…

Le chasseur écrit à Julie durant ses vacances. Après quelques courriels et trois messages vocaux, le chasseur s’impatiente. Rappelons-nous que Julie est en vacances!

Julie rappelle le chasseur afin de confirmer une entrevue le lendemain, via Skype. Elle est enthousiaste à l’idée, mais aussi un peu perplexe de la soudaine urgence d’une entrevue durant cette précieuse période avec sa famille.

La rencontre avec le client se déroule à merveille, la chimie est bonne et le client ravi.

Le dénouement

Toujours durant ses vacances, Julie reçoit un appel de son potentiel futur employeur. Il souhaite lui parler afin de valider quelques clauses contractuelles types des emplois dans la vente avant de très certainement lui faire une offre.

À son retour à Montréal, Julie retourne au travail comme à l’habitude. Elle prend le temps de rencontrer les membres de son équipe, de tâter le pouls et de faire une mise à jour des divers dossiers clients. Autour de 11 h, son patron lui demande de passer à son bureau pour un brin de jasette.

Il ne lui pose qu’une seule question : « Pourquoi souhaites-tu une job chez notre plus grand compétiteur? »

Surprise, Julie demande à son patron ce à quoi il fait allusion. Il lui répond qu’un chasseur a communiqué avec lui durant les vacances pour une référence d’emploi. Il ajoute que dans les circonstances, il a perdu confiance en elle et qu’elle devrait quitter son poste sur-le-champ.

Donc, au premier jour de son retour de vacances, Julie est amenée à démissionner après l’appel du chasseur pour obtenir une référence; ce dernier, notons-le, n’en avait jamais eu l’autorisation.

Ah oui, ajoutons que l’emploi chez le compétiteur, elle ne l’a pas eu non plus. Le client a finalement promu une de ses représentantes d’expérience et n’a pas donné suite à la recherche du chasseur.

La morale de cette histoire

La confidentialité en recrutement est primordiale. Le respect, et surtout la transparence entre toutes les parties, doit être la base de toutes les relations d’affaires.

En terminant, vous souhaitez certainement savoir ce que notre amie Julie est devenue. Elle a prolongé ses vacances grâce à son indemnité de départ, puis elle a accepté un poste de direction au sein d’une entreprise nouvellement établie à Montréal… bref elle est bien heureuse!

Vous souhaitez réagir? Écrivez-moi à j.plourde@alexanderhughes.com. Vos expériences permettront d’illustrer ces textes et favoriseront l’évolution de notre belle profession!