Le professeur octogénaire, qui a marqué de sa plume et de ses idées le monde des entreprises et des organisations en matière de management, n’a pas fini de réfléchir sur ce qui l’entoure et ce qu’il voit. Ses plus récentes réflexions sortent des chemins qu’il a traditionnellement suivis et montrent du doigt les dysfonctionnements du système capitaliste. « Enough ! » est le premier mot sur lequel tomberont les lecteurs dans Rebalancing Society, son dernier ouvrage. Et ce cri du cœur résonnera à maintes reprises lors de l’entrevue que le professeur émérite a accordée à Gestion.

Dans Rebalancing Society, vous qualifiez notre société actuelle de « déséquilibrée ». Avez-vous le sentiment que nous sommes arrivés à un point de non-retour ?

Je pense que nous avons atteint ce point de non-retour il y a longtemps. En fait, je crois que les choses vont de mal en pis. Certes, la population est aujourd’hui plus au fait de la situation de crise dans laquelle nous vivons, mais les personnes qui dirigent nos sociétés deviennent également plus conscientes de leur propre pouvoir, et elles ne s’adaptent pas. Je ne constate pas, à l’heure actuelle, que les choses se tempèrent ou s’améliorent, bien au contraire. Je remarque aussi que l’arrogance du pouvoir ne fait que s’accroître au fil des ans. Dans mon essai, je cite l’exemple des tribunaux du commerce, qui sont devenus des outils que les grandes entreprises utilisent pour intimider, menacer ou poursuivre les États qui remettent en question leur capacité à faire des profits, et ce, parfois dans des domaines aussi inattendus que la santé ou la culture.

Les États-Unis sont au cœur de votre propos dans Rebalancing Society. Dans votre examen des problèmes que nous vivons actuellement, les États-Unis en sont-ils la cause ? Font-ils partie de la solution ?

Je ne suis pas convaincu que les États-Unis soient à l’origine du problème, mais ils ont certainement été à l’avant-scène. Je pense que les Britanniques n’en sont pas moins responsables, car toute cette mentalité est apparue au Royaume-Uni et a par la suite été adoptée par les États-Unis. Oui, les États-Unis sont un joueur important dans cette problématique, mais le Royaume-Uni l’est aussi, et tous deux mènent le bal.

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