Alors que la gouvernance de données est sur toutes les lèvres, elle reste mal comprise et suscite autant de craintes que d’espoirs. Or, si on veut qu’elle crée de la valeur pour l’entreprise, ce qui demeure son but ultime, il faut d’abord la démystifier.

« On peut définir la gouvernance de données comme l’établissement, d’une part, des règles générales liées à la gestion des données dans une organisation et, d’autre part, des responsabilités de chacun envers celles-ci », résume Marcelo Cardoso, cofondateur de la firme Prodago.

De son côté, Élise Lacoste, directrice principale aux services-conseils et à la gestion de l’information analytique chez Deloitte, prévient qu’il ne faut pas confondre gouvernance et gestion des données. La gouvernance constitue le cadre général, c’est-à-dire la politique, les lignes directrices, la structure (les divers comités, par exemple). « La gestion de données consiste plutôt à s’assurer de leur sécurité, de leur intégrité, à en gérer les accès, la durée de conservation, etc., explique-t-elle. S’ajoute à cela l’intendance des données, laquelle sert plutôt à les définir dans une optique d’affaires. »

La raison d’être de la gouvernance de données ? Créer de la valeur en exploitant les données et les protéger. Ainsi, Air Canada et le Canadien National utilisent les données de consommation d’essence pour épargner des millions de dollars. D’autres entreprises les exploitent pour déterminer quels clients coûtent plus cher que ce qu’ils rapportent afin de se concentrer sur les autres. Certaines firmes font de la maintenance prédictive : elles récoltent de l’information à propos de leur équipement pour savoir quand en faire l’entretien afin de prévenir les bris et les pannes. Bref, les possibilités se déclinent presque à l’infini.

Données : une définition

Mais qu’entend-on au juste par « données »? Marcelo Cardoso avoue ne pas raffoler du terme. « Ce qui nous intéresse, c’est l’information, pas les données, explique-t-il. Une donnée, c’est simplement la manière dont l’information est exprimée dans une base de données. Si vous avez une tonne de dates mais ignorez à quoi elles font référence, vous n’avez rien. Mais si vous savez que ce sont des dates de naissance, là, vous avez de l’information. »

Dans les faits, les données sont rarement aussi simples à définir. C’est même l’obstacle n° 1 sur lequel butent les entreprises en matière de gouvernance de données. En général, chaque service crée et utilise depuis longtemps ses propres données dans un contexte précis. Ainsi, pour le service des finances, un client pourrait être défini comme quelqu’un qui a fait un achat au cours de l’année précédente, alors qu’au service de marketing, c’est une personne dans la base de données Salesforce avec laquelle on a des contacts. Les finances pourraient donc considérer que l’entreprise a 50 000 clients, alors que le marketing en dénombre 100 000.

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