Article publié dans l'édition Automne 2009 de Gestion

Comme Ray en témoigne avec humour, l’envahissement du travail dans la vie personnelle est un phénomène qui devient préoccupant en raison de la généralisation des technologies de l’information et de la communication, ou TIC (ordinateur, BlackBerry, etc.), et des exigences de disponibilité que ces dernières comportent pour de nombreux travailleurs.

Selon Aubert (2003), on attend aujourd’hui des cadres et des professionnels (et plus seulement d’eux) qu’ils puissent être joints à n’importe quel moment «en cas d’urgence». L’idée sous-jacente est que l’entreprise efficace et concurrentielle est capable de réagir «en temps réel». Or, ce fonctionnement rend caduque la séparation entre temps professionnel et temps personnel, puisque la clé de l’efficacité se trouve désormais dans la disponibilité et la flexibilité des travailleurs.

Avec les technologies mobiles, il est possible de travailler n’importe où, n’importe quand : à la maison, la fin de semaine, pendant les vacances. Tant en Amérique du Nord qu’en Europe, nombreuses sont les personnes qui tirent la sonnette d’alarme. Les Américains, comme les Québécois, seraient environ 45 % à se sentir toujours pressés (Pronovost, 2005), un taux en forte progression depuis 25 ans et qui est semblable en Europe (Ipsos, 2001).


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L’envahissement du travail dans la vie personnelle aurait des effets nocifs entre autres sur la santé physique et mentale des individus (fatigue, stress, épuisement professionnel) (Ettighoffer et Blanc, 2003), sur l’environnement de même que sur la dégradation du tissu familial et communautaire1. Rapporter du travail à la maison accroît fortement la fréquence du sentiment d’être débordé ou de manquer de temps, que ce soit au travail ou dans la vie quotidienne (Chenu, 2002). En plus des conséquences individuelles, ce phénomène aurait des répercussions négatives sur le fonctionnement des organisations (émergence de fausses priorités, d’urgences qui n’en sont pas vraiment, surcharge informationnelle), les rendant aliénantes, voire inefficaces (Aubert, 2003).

Cela dit, l’usage des TIC peut avoir des conséquences ambivalentes sur l’emploi du temps. Les TIC peuvent en effet inciter les individus à prolonger indéfiniment leurs activités professionnelles au détriment de leur temps personnel (Ray, 2001). À l’inverse, elles peuvent offrir de nouvelles possibilités d’émancipation aux personnes désireuses de travailler là où elles veulent, quand elles le veulent, répondant ainsi aux attentes de flexibilité des jeunes et des femmes en particulier (Tremblay, 2004).

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