La restructuration du secteur de la santé dans la majorité des pays occidentaux fait partie des calculs des gouvernements pour optimiser l’efficience. Il y a toutefois un oubli : les effets de ces vastes réformes sur le personnel soignant. Le corps médical serait-il malade de la mauvaise gestion institutionnelle ? Enquête et recommandations.

La complexité croissante des traitements et la réingénierie massive des processus de travail ont imposé une surcharge de travail à tout le personnel, en particulier aux professionnels soignants. Frappé de plein fouet par l’intensification du travail, le corps médical est malade de sa gestion.

La restructuration des services associée au contrôle accru des effectifs a notamment fait augmenter l’absentéisme et l’insatisfaction parmi les travailleurs de la santé, au point où plusieurs d’entre eux ont quitté ou envisagent de quitter la profession.

Ainsi, une étude du Conseil international des infirmières publiée en 2003 dans la revue International Journal of Sociology and Social Policy a montré que les taux d’absentéisme et de blessures sont plus élevés chez les travailleurs de la santé que parmi tous les autres groupes de travailleurs.

En effet, chaque semaine, plus de 13 000 infirmières canadiennes (7,4 % de toutes les infirmières au pays) s’absentent du travail pour cause de blessure, de maladie, d’épuisement professionnel ou d’invalidité. Plus de 16 millions d’heures de soins infirmiers sont ainsi perdues chaque année au Canada à cause de blessures ou de maladies.

Or, à ce jour, les gestionnaires de la santé et des services sociaux n’ont pas été en mesure d’évaluer pleinement la souffrance au travail du personnel soignant1.

Les sources de la souffrance au travail

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