Quels sont les modèles d’affaires en émergence ? Lesquels suscitent actuellement suffisamment l’intérêt des chercheurs universitaires pour être étudiés et cités en exemple ? Quels sont leur potentiel et leurs limites ? Pleins feux sur des modèlesd’affaires à surveiller de près au cours des prochaines années et qui font grandement place à l’innovation et à la créativité, tels que Sensorica, Airbnb, Uber, etc.

Dire que l’entreprise réseau Sensorica attire l’attention relève de l’euphémisme (voir l’article Sensorica : nouveau modèle d’affaires ou mode passagère ?, page 55). Plusieurs experts surveillent de près le modèle d’affaires inusité de cette entreprise manufacturière ouverte (open source hardware). Un modèle d’affaires à ce point particulier que son cofondateur Tiberius Brastaviceanu est aujourd’hui invité sur toutes les tribunes du monde pour le présenter. Certains y voient l’émergence d’une économie parallèle destinée à secouer les fondements du capitalisme. D’autres, une expérience de plus visant à repousser les limites du modèle traditionnel.

Le professeur titulaire Patrick Cohendet suit de près le développement de Sensorica. Pour cet économiste, ce modèle d’affaires, bien que très fascinant, suscite actuellement plus de questions que de réponses. Tant de choses encore à créer, à éprouver avant de se prononcer sur sa viabilité. L’heure est encore à l’observation. C’est pourquoi ce cas d’entreprise a fait l’objet de plusieurs activités organisées par Mosaic – HEC Montréal, le pôle multidisciplinaire de formation et de recherche spécialisé en management de l’innovation et de la créativité que le professeur Cohendet codirige.

« La théorie économique de la firme moderne repose sur le principe qu’on ne peut bâtir une entreprise ou une unité de production sur le mode coopératif parce qu’il est trop complexe – voire presque impossible – de pouvoir évaluer la contribution individuelle dans une structure basée sur la coopération. La firme moderne est donc basée sur le contrôle : un manager tout-puissant détient le pouvoir. Il a le droit d’orienter les actions de l’entreprise et de son personnel comme il veut. Pour surveiller ce dirigeant, on a mis en place les conseils d’administration et l’actionnariat. Avec sa structure éclatée, Sensorica tente actuellement de prouver le contraire. Ses fondateurs essaient de créer et d’incarner un modèle d’affaires alternatif qui repose sur le partage, la confiance et l’équité entre les travailleurs », explique le professeur Cohendet. Ils aspirent à créer une entreprise viable sans patron ni contrôle.

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