La notion de responsabilité sociale des entreprises n’a rien de neuf. Dès 1953, l’économiste et moraliste américain Howard Bowen faisait état de l’obligation de « mettre en œuvre des politiques, de prendre des décisions ou de suivre les orientations qui sont désirables en ce qui concerne les objectifs et les valeurs de notre société ». Pourquoi alors parle-t-on aujourd’hui de la responsabilité sociale des entreprises, ou RSE, comme d’une innovation ?

La RSE connaît un fort gain de popularité au moment où les entreprises cherchent à récupérer une légitimité minée par un cynisme citoyen croissant, nourri par des scandales allant d’Enron à Volkswagen en passant par Goldman Sachs. Outil au service des entreprises, la RSE est en train de passer du domaine de la morale à celui de la gestion pour en devenir une discipline à part entière, au même titre que le marketing ou les finances. Cela étant, cette « maturation » vers le statut de discipline est loin d’être terminée. Si la RSE se répand dans les grandes entreprises, sa mise en œuvre y reste très inégale en matière de rigueur et d’intégration stratégique.

La RSE : définition n’est pas prescription

Hétéroclite dans sa pratique, la RSE l’est d’abord dans sa définition. En 2006, ...

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