La croisière s'amuse, et les croisiéristes empochent!

Si vous associez encore aujourd'hui « croisière » à « ringardise », il vous faudra sans doute revoir certains de vos schèmes mentaux à cet égard. Force est de constater, en tout cas, que de plus en plus de personnes à l'échelle planétaire apprécient l'expérience de la croisière, s'il faut en croire les données de la Cruise Lines International Association (CLIA), la plus grande association de croisiéristes, qui regroupe en son sein 62 entreprises et 95 % de la capacité mondiale, en termes de places sur les navires.

L'industrie de la croisière a en effet le vent dans les voiles. On en voudra pour preuve, entre autres choses, la toute récente mise à l'eau du Harmony of the Seas, le navire-amiral de la Royal Caribbean Cruises, et plus gros navire passager au monde! Le mastodonte, d'une longueur de 362 mètres (plus que la hauteur de la tour Eiffel!) et d'une largeur de 47 mètres, est en effet en service depuis la mi-mai de la présente année, et peut dès maintenant accueillir à son bord les quelque 6 400 passagers qu'il peut au maximum transporter, de même que les 2 400 membres d'équipage pour servir ces derniers (voir la vidéo en tête d'article).

De fait, on n'injecte pas 1,5 milliard de dollars dans la construction d'un tel paquebot (c'est le montant qu'aura coûté le Harmony of the Seas) si les perspectives de croissance ne sont pas excellentes. Comme le signale la CLIA dans son document Cruise Industry Outlook 2016, le nombre de passagers transportés a crû de près de 25 % entre 2009 et 2014, passant de 17,3 millions de passagers à 22 millions de passagers. Et l'horizon est bien dégagé pour les années à venir, toujours selon la CLIA : d'ici 2022, on prévoit la construction de 92 navires, ajoutant environ 145 000 places à l'offre déjà existante. Les chantiers navals se tapent sur les cuisses, eux qui profiteront de cette manne de quelque 6,5 milliards de dollars à venir, en termes de coûts de construction.

La vigueur récente de l'industrie de la croisière n'est pas fortuite. Car il s'agit d'un secteur qui a su se renouveler et transcender l'image « âge d'or » qu'on lui a accolée durant des décennies. De fait, l'industrie s'est rapidement mise au goût du jour, et l'offre de services et de forfaits s'est grandement accrue. On vise désormais toutes les strates de la pyramide des âges, des croisières intergénérationnelles sont organisées, la plupart des paquebots offrent désormais une connectivité performante à l'Internet, un accent prononcé est placé sur l'expérience à bord et nombre de croisiéristes offrent désormais à leurs passagers toutes sortes d'activités culturelles (conférences, expositions, concerts, etc.) et sportives. Quelques exemples? Si vous êtes nostalgique des années 1970 et un fan fini du groupe KISS, le croisiériste Norwegian Cruise Line vous propose la KISS Kruise, dont la sixième édition se déroula en novembre prochain (faites vite, place limitées!). Vous préférez l'univers des zombies et vous vous régalez de la série The Walking Dead? La croisière Walker Stalker Cruise est pour vous!

Les vecteurs de croissance de l'industrie, on le voit bien, sont multiples, et les croisiéristes jubilent, notamment les deux plus importants de ce marché, Carnival et Royal Caribbean Cruises. L'Asie devient un marché de prédilection, dans la mesure où ce type de vacances, qui combine déplacement et détente, devient de plus en plus accessible à une frange de la population chinoise, notamment. À n'en pas douter, l'industrie de la croisière connaît son erre d'aller et continuera de s'amuser encore pendant quelques années, du moins!