Article publié dans l'édition Automne 1997 de Gestion

Du capital au savoir, du château au réseau

La plupart des organisations œuvrent maintenant dans un environnement caractérisé par la mondialisation de l’économie, une demande pour des produits et services personnalisés, une concurrence de plus en plus vive en matière de nouvelles capacités productives et de compétences distinctives de même que la complexification des connaissances et technologies à maîtriser. La réponse de ces organisations à ce phénomène s’articule généralement autour de quatre grands objectifs stratégiques : la réduction des coûts, l’accélération des temps de réponse, l’amélioration continue et l’innovation de produits et de procédés.


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La poursuite de ces objectifs s’appuie sur une vaste gamme d’approches, de méthodologies, d’outils tels la rationalisation, la réingénierie des processus, l’approche client, la qualité totale, le juste-à-temps, l’ingénierie simultanée, la mobilisation, l’organisation en équipe responsabilisée, la négociation raisonnée, etc. Bref, les décideurs recherchent la meilleure combinaison de ces éléments leur permettant de développer une nouvelle compétitivité dite de «classe mondiale» (Martel et Oral, 1995).

Une lecture horizontale de ces différentes stratégies d’affaires nous amène à constater que la base fondamentale de cette nouvelle compétitivité réside avant tout dans l’identification, la compréhension et la transformation de l’information en valeur ajoutée, c’est-à-dire en savoirs stratégiques. La nouvelle compétitivité serait donc caractérisée par un passage du capital au savoir ou, pour reprendre l’expression de Nicholas Negroponte du Massachusetts Institute of Technology (MIT), des atomes aux «bits».

Cette tendance a donc pour conséquence de projeter à l’avant-scène l’importance de la transformation de l’information en savoirs stratégiques pour les organisations. À titre d’exemple, plusieurs travaux de recherche sur les PME en croissance montrent très clairement la relation entre la croissance soutenue, l’intensité des processus d’innovation et la présence d’une fonction formation proactive et dynamique (Baldwin et Johnson, 1995).

Il faut cependant se rappeler que l’évolution des organisations dans une économie de l’information est caractérisée actuellement par deux tendances lourdes : d’une part, un phénomène d’accélération exponentielle de création et de diffusion de l’information accompagné d’un rythme d’obsolescence accru de cette même information et d’autre part, un phénomène de complexification des compétences requises pour le fonctionnement et le développement des organisations contemporaines.

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