Ce matin se tenait le 2e petit déjeuner conférence de la saison organisé par Alumni HEC Montréal. Étaient invités Gilles Savard, directeur général d’IVADO (Institut de Valorisation des Données) et François Bellavance, professeur titulaire au département de sciences de la décision de HEC Montréal, afin de s’entretenir des opportunités, mais aussi des défis et des enjeux entourant l’industrie 4.0. L’occasion de déboulonner quelques mythes entourant l’intelligence artificielle au passage.

L’industrie 4.0, ou quatrième révolution industrielle, peut se définir comme un cyberespace qui contrôle tout, de la demande à la conception du produit. Elle se caractérise par une automatisation intelligente et une intégration des technologies numériques : imprimante en 3D, infonuagique, réalité augmentée, internet des objets, etc.

L’industrie 4.0, une alliée dans l’atteinte des objectifs d’affaires de l’industrie

Cette nouvelle révolution connectée ouvre des opportunités à l’industrie. Et pas des moindres selon Gilles Savard qui a avancé trois niveaux de création de valeur potentiels :

  1. Au niveau de la productivité : cela peut permettre l’amélioration de la chaîne d’approvisionnement,
  2. Au niveau du développement de nouveaux produits,
  3. Au niveau de la création de nouveaux modèles d’affaires.

Sur ce dernier point, M. Savard a tenu à rappeler la nécessité pour les industries de s’adapter sous peine, dans le cas contraire, de devoir mettre la clé sous la porte. « Pourquoi Sears disparaît ? a-t-il demandé, parce qu’Amazon a développé un nouveau modèle d’affaires. Pourtant, à son époque, Sears était le premier à proposer la vente sur catalogue».

Des défis de taille soulevés par cette nouvelle révolution

Si des avantages indéniables vont de pair avec l’avènement de l’industrie 4.0, celle-ci suscite aussi de nombreux questionnements. Comme sa prédécesseure avant elle (la révolution de la vapeur) avait pu le faire, avec toujours, cette même crainte en filigrane : la machine va-t-elle remplacer l’humain ? Que chacun se rassure, nous n’en sommes pas encore là. D’un revers de la main, Gilles Savard a d’ailleurs balayé cette inquiétude, assurant que « la société des robots, que l’on entend si souvent, ne s’en vient pas ».

Les enjeux sont d’une nature beaucoup plus factuelle. Pénurie de main-d’œuvre et rétention des talents étaient au cœur des préoccupations de nombreux participants ce matin. Comment, lorsque l’on est une PME, faire en sorte que son talent ne s’en aille pas vers un grand groupe ? Si M. Savard a confié qu’il s’agissait là d’un défi majeur pour ces entreprises, il a martelé la nécessité de « démocratiser les scientifiques de la donnée » : « on parle pour l’instant de chercheurs, de personnes qui possèdent un doctorat, mais nous avons besoin de scientifiques de la donnée à tous les niveaux, de formations qui soient offertes au CEGEP comme à l’Université » a-t-il ajouté.

Analyse de données : attention à l’indigestion

Le conseil que l’on retiendra de cette discussion ? Celui pour les entreprises de commencer petit. « L’analytique de données est un champ très vaste pour une entreprise et l’on peut facilement s’y perdre », a affirmé M. Savard. En débutant avec des projets de petite envergure, les entreprises s’assurent ainsi de réussir. Elles y gagneront en confiance, ce qui leur permettra par la suite de voir plus grand.

Si le Big data et l’intelligence artificielle peuvent effrayer, car ils viennent bousculer les modèles établis, Gilles Savard plaide également pour une meilleure compréhension de ces technologies : « bien sûr qu’il faut être vigilant, mais nous ne pouvons pas aller contre cette vague, car dans tous les cas, ces technologies vont continuer de se développer ». La 4e révolution est en marche.