On les retrouve de plus en plus dans dans nos milieux de travail. Bonne ou mauvaise chose?

Elles sont de plus en plus nombreuses, les entreprises qui admettent la présence d'animaux sur le lieu de travail. Selon des données de la Society of Human Resource Management, 7 % des entreprises auraient une telle ouverture, soit une augmentation de 2 % par rapport à 2010. Et parmi celles-ci, on retrouve, comme le rapporte Samantha Cole dans son article publié sur le site de Fast Company (lire « 11 Famous Companies With Enviable Pet-Friendly Policies »), de gros noms tels Google, Amazon, Autodesk, Zynga ou Ben & Jerry's, pour n'en nommer que quelques-uns.

Sachant que l'amour des animaux n'est pas universel, qu'est-ce que qui peut pousser une entreprise à tolérer, voire même à encourager, les bestioles entre les quatre murs de leurs bureaux? Quels sont les avantages d'une telle pratique?

Une vue à vol d'oiseau du phénomène...

Le tour d'horizon proposé par Christa L. Wilkin, Paul Fairlie et Souha R. Ezzedeen¹, dans leur revue des pratiques en matière d'acceptation des animaux sur le lieu de travail, laisse entrevoir une multitude de manières de faire à cet égard. Ces pratiques vont, par exemple, de la possibilité de souscrire collectivement à une assurance-vétérinaire pour les petits protégés des employés, à l'obtention de rabais sur la nourriture ou sur certains accessoires auprès d'animaleries, jusqu'à la mise en place d'horaires flexibles ou de congés afin de prendre soin de l'animal cher. Certaines entreprises poussent même la chose jusqu'à accorder un congé spécial en cas de décès du compagnon. La chose peut, à première vue, surprendre, mais elle prend tout son sens lorsque l'on considère que, selon des données datant de 2012, la moitié des foyers canadiens possédaient un animal de compagnie, et que 60 % des foyers américains possèdent au moins un animal à la maison. En ce sens, les pratiques ci-haut mentionnées ont le mérite de prendre en considération l'importance des animaux dans la vie d'un bon nombre de leurs employés.

Mais pour les entreprises les plus audacieuses et avant-gardistes qui prennent la décision d'accepter les animaux dans leurs bureaux, les avantages sont nombreux. Les chercheurs Wilkin, Fairlie et Ezzedeen signalent que cette politique peut aider les entreprises et les organisations qui les mettent de l'avant quant au recrutement et à la rétention du personnel. Certaines études ont également démontré les effets positifs reliés à la présence des animaux sur le lieu de travail. Le bien nommé professeur Randolph T. Barker (!) et ses acolytes² ont ainsi trouvé une corrélation positive entre la présence d'un chien au bureau et la satisfaction des employés au travail. Toutefois, les chercheurs ont constaté qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat quant à la productivité, la grande majorité des employés interrogés à ce sujet n'ayant noté de changements à cet égard.

Toutefois, les gains les plus significatifs quant à la présence d'un animal sur le lieu de travail sont davantage rattachés à la perception de l'entreprise elle-même. Une dernière étude³, menée par Rose M. Perrine et Meredith Wells, a démontré que les clients d'une entreprise au sein de laquelle vivait un animal de compagnie constataient une amélioration de leur humeur en transigeant avec cette dernière, de même qu'un accroissement des interactions sociales entre les clients et les employés. Ces éléments, concluent les chercheurs, peut in finese traduire par une meilleure image de l'entreprise, celle-ci étant dès lors réputée plus attentionnée à l'égard de ses employés, et de meilleurs résultats financiers.

Le chat, victime de discrimination?

Nous ne manquerons pas, en conclusion, de nous élever contre le triste sort réservé au chat dans toute cette histoire! Bien que générant les mêmes avantages que les chiens au bureau, selon l'étude de Rose M. Perrine et Meredith Wells, les chats sont malheureusement interdits de séjour chez Google : « Google’s affection for our canine friends is an integral facet of our corporate culture. We like cats, but we’re a dog company, so as a general rule we feel cats visiting our offices would be fairly stressed out », précise l'entreprise de Menlo Park, en Californie... Une injustice flagrante à l'encontre de la race féline!


¹ Wilkin, C. L., Fairlie, P., & Ezzedeen, S. R. (2016). « Who let the dogs in? A look at pet-friendly workplaces ». International Journal of Workplace Health Management, 9(1), pp. 96-109.

²  Barker, R. T., Knisely, J. S., Barker, S. B., Cobb, R. K., & Schubert, C. M. (2012). « Preliminary investigation of employee's dog presence on stress and organizational perceptions ». International Journal of Workplace Health Management, 5(1), pp. 15-30.

³ Perrine, R. M., & Wells, M. (2006). « Labradors to Persians: Perceptions of pets in the workplace ». Anthrozoös, 19(1), pp. 65-78.