Article publié dans l'édition Automne 2014 de Gestion

« Je suis l’exemple de la réussite de quelqu’un qui n’avait pas ce qu’il fallait », confie Cora Tsouflidou à un journaliste à l’automne 20131.

C’était peut-être vrai au départ, mais l’histoire de cette entrepreneure montre que l’être humain placé dans des situations urgentes peut se doter des ressources nécessaires pour s’en sortir, sinon en trouver là où il faut, selon les circonstances, et ce, jusqu’à devenir un leader dans le domaine qu’il décide d’investir. La seule condition est d’y mettre l’effort, la détermination et une persévérance à toute épreuve, comme l’a démontré avec éclat Cora Tsouflidou.


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Le leadership est un phénomène fuyant et difficile à cerner. Il se constate, mais se définit mal. Est-il fait d’ascendant, de prestance, de pouvoir, de ténacité, de beauté, de séduction, de charme, d’énergie ? Ou un mélange de tout cela ? En revanche, au-delà des catégorisations théoriques, l’observation attentive de parcours de leaders, bien que tous différents les uns des autres, permet de dégager des constantes.

Leaders et leadership

Les leaders savent où ils vont. Ils ont une vision claire de leurs objectifs. Ce peut être des missions humanitaires à long terme, à l’échelle de la planète, ou des projets ambitieux mais plus immédiats et moins idéalistes, comme escalader l’Everest ou traverser l’Atlantique en voilier. Ils savent qui ils sont : ils connaissent leurs forces et leurs faiblesses, ce qui leur permet de tabler sur les premières et de se méfier des deuxièmes.

Ils ont le talent de bien s’entourer et de trou- ver des collaborateurs qui leur apporteront les qualités ou les atouts dont ils sont dépourvus, et qui sont nécessaires à l’atteinte de leurs objectifs. Les leaders agissent plus qu’ils ne tergiversent; chez eux, souvent l’action précède la pensée et les décisions se font par instinct, plus que par calcul. Ce sont d’excellents communicateurs vis-à-vis de leurs commettants qu’ils savent convaincre de les suivre dans le pro- jet plus grand qu’eux tous, qu’ils incarnent.

Quand Cora devint-elle un leader ?

Au départ, Cora n’avait rien d’un leader. Enfant, elle manquait cruellement d’assurance, au point d’avoir un sentiment d’inadéquation qu’elle a mis longtemps à vaincre. Adolescente, elle caressait des rêves, mais ses premiers choix dans la vie, déterminants, allèrent dans le sens contraire de celui qu’elle s’était fixée : elle voulait à tout prix être écrivaine, mais elle s’écarta de la voie qui l’y aurait menée. Enceinte à 20 ans, elle dut abandonner ses études pour épouser un immigrant grec, issu d’un milieu familial ultra traditionnel. Bientôt mère de trois enfants, elle se retrouvait dans un cul-de-sac où elle s’enfermera pendant de longues années.

Leader, elle était loin de l’être lorsqu’elle endurait en silence une situation conjugale difficile pendant 13 ans. Le leadership, elle en a trouvé le germe en elle-même seulement lorsqu’elle a voulu protéger sa fille de la violence familiale. C’est alors seulement qu’elle a trouvé l’audace de fuir une situation qui les consumait, elle et ses enfants, à petit feu. Ce fut un point tournant.

Par un détour de la vie, elle devient gérante d’un grand restaurant dont le propriétaire exploitera son ardeur au travail et sa crédulité en lui faisant faussement miroiter la possibilité qu’elle devienne actionnaire. Elle accumule les heures de travail, au point de souffrir d’un épuisement professionnel profond. Le chemin du leadership se pointera avec plus de précision sans qu’elle ne le sache encore, à la suite de la « thérapie du plaisir » qu’elle entreprendra à ce moment-là, stylo à la main, et qui lui apportera la guérison par le truchement de l’écriture menant à une introspection intérieure courageuse. Elle en sortira avec une meilleure connaissance d’elle-même, de ses forces et de ses faiblesses.

L’écriture comme introspection

Depuis qu’elle est toute petite, Cora écrit. Elle tient son journal. Elle y note son emploi du temps, elle rapporte ses rencontres et surtout elle couche sur papier ses impressions, ses rêves, ses illusions, ses espoirs, ses déceptions. L’écriture devient pour la petite fille fragile, puis pour l’adolescente troublée, à la fois un exutoire et un moyen de se connaître, car déjà, elle ne craint pas d’aller au plus profond d’elle- même avec sa plume comme guide intérieur.

Étrangement, pendant les années de vie conjugale et de travail comme gérante, Cora Tsouflidou abandonne son journal. Chez une personne où écrire était devenu aussi nécessaire que de respirer, le comportement est significatif. Était-ce une période de dormance ? Un passage obligé dans une souffrance expiatoire ? La conséquence d’un cuisant sentiment de culpabilité ? Un repli nécessaire avant le grand réveil ? Les questions demeurent entières, mais ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que Cora Tsouflidou a su abattre les barrières intérieures (insécurité, culpabilité, sentiment d’inadéquation ?) qui l’emprisonnaient.

Pour stopper sa longue descente en dépression, elle renoue avec son rêve dormant de devenir écrivaine. Elle reprend ses carnets intimes et se rend déjeuner ( !) chaque matin au restaurant du coin, où elle plonge au plus profond d’elle-même, guidée à nouveau par sa plume. Elle déterre de vieux affects refoulés et règle ses comptes avec ses figures d’amour ou d’autorité, ses frustrations, ses regrets, ses reproches, ses remords et ses culpabilités.

Ce faisant, elle se fait plaisir, comme elle l’affirme, car elle aime écrire, mais on peut penser que certains matins ont été plus éprouvants que d’autres. Le mystère demeure sur ce qu’elle a confié à son carnet, mais on sait qu’elle y a trouvé la « guérison ». On sait également que c’est après cette période d’écriture intense qu’elle a décidé de devenir réellement autonome financièrement, de cesser de se chercher un emploi et d’acheter son propre restaurant. Une prise de conscience s’est produite. Elle avait quarante ans.

Projetée dans l’action

Par la suite, son leadership s’affirmera peu à peu, à coup de décisions d’affaires cruciales, en lien avec sa vision de l’entreprise qu’elle vient de fonder. Il émergera également dans le choix de ses collaborateurs et collaboratrices efficaces et dévoués, et dans la poursuite incessante de sa réflexion personnelle. Toujours débordante d’énergie, elle sait faire partager son enthousiasme communicatif non seulement au cercle rapproché de ses enfants, qu’elle associe à l’entreprise, mais à ses employés, aux franchisés et à ses partenaires en affaires. Ses talents de communicatrice se manifestent aussi lorsqu’elle décide d’écrire un bulletin de liaison à l’intention de tous les franchisés qu’elle fédé- rait autour du projet commun, tout en leur donnant les dernières nouvelles du réseau, à sa façon.

La vision, la résilience, la connaissance de soi-même, l’habileté de bien s’entourer, la propension à l’action, le talent de bien communiquer et de susciter l’adhésion : ces qualités que l’on constate aujourd’hui chez Cora Tsouflidou confirment qu’elle est un grand leader. Mais contrairement à d’autres dirigeants ayant manifesté des talents de leadership dès leur jeune âge, il lui aura fallu quarante ans avant d’entreprendre son parcours libérateur. Son apprentissage s’est fait à la dure, au travers des épreuves qui ont forgé son caractère et d’une descente courageuse jusqu’au plus pro- fond d’elle-même. Leader, elle l’est devenue à l’âge de la maturité, alors qu’elle était rendue aux deux tiers de sa vie active.

Le désir de plaire

Plus de 25 ans après avoir ouvert son premier restaurant, on dit que Cora Tsouflidou est la reine des petits déjeuners. Structurée en réseau de franchisage, Cora Déjeuners emploie aujourd’hui 4000 personnes et compte 131 établissements où sont servis 33 000 clients par jour dans tout le Canada. Dans le milieu de la restauration, Cora Tsouflidou a été la première à faire une fête du repas du matin et à y inclure massivement des aliments santé et des « montagnes de fruits ».

On lui doit les heures d’ouverture inhabituelles, révolutionnaires pour l’époque, correspondant aux menus de déjeuners qu’elle avait concoctés et dessinés elle-même, et qui sont maintenant chose courante dans tous ses restaurants et dans ceux de concurrents du matin, qui tentent en vain de l’imiter. En cela, elle est un leader confirmé puisqu’elle a inventé un nouveau concept de petits déjeuners, qui sera à la base de son réseau de franchisage, et a changé la restauration du matin au Québec et, depuis quelques années, à la grandeur du Canada, et bientôt aux États-Unis.

Au début, ses menus n’étaient pas élaborés en fonction d’un plan d’affaires, mais parce qu’elle voulait plaire à ses clients dont les compliments la valorisaient dans son nouveau rôle de cuisinière et de restauratrice, et la confortaient dans son choix difficile de femme autonome. Ce sont le besoin de faire plaisir et ses moyens budgétaires limités qui la poussèrent vers l’inventivité et la créativité.

Constatant avec bonheur que les clients étaient de plus en plus nombreux à apprécier ses talents de cuisinière dans son premier restaurant, elle voulut pousser plus loin. Insatiable, elle pensa qu’en ouvrant un autre restaurant, puis un autre et d’autres en saccade, elle ferait plaisir à encore plus de clients qui l’apprécieraient. En y trouvant en même temps un gagne-pain plus que convenable, elle faisait d’une pierre trois coups : elle se trouvait valorisée dans son travail, elle s’affirmait comme personne autonome et elle jugulait ce qu’elle appelle le « karma de la pauvreté ».

En effet, comme beaucoup de personnes ayant âprement souffert d’insécurité et de dépendance financière (comme enfant et comme épouse), Cora prit goût au succès commercial qui lui apportait sécurité, liberté et autonomie. Réussite aidant, il ne s’agissait plus uniquement de survivre et de plaire, mais de se constituer un patrimoine qui la mettrait pour toujours à l’abri, elle et ses enfants, de la nécessité, de la dépendance et de l’absence de liberté. Fait à noter : Cora Déjeuners n’a aucune dette à son bilan.

Le franchisage, étape cruciale dans la croissance de l’entreprise, lui apporta le moyen de multiplier à l’infini ce besoin de grandir et de graver le nom de Cora sur le plus grand nombre d’emplacements imaginables et dans le territoire le plus vaste possible. Elle plongea dans le franchisage avec toute l’énergie dont elle était capable. Elle ne savait pas ce que les mots franchisage, franchiseur et franchisé voulaient dire. Dévorant un grand nombre de livres sur le sujet, elle est vite devenue une experte, à la grande surprise des consultants venus à la rescousse et de l’avocat chargé des aspects légaux. Grâce au franchisage, elle avait trouvé le moyen de donner forme à sa vision d’entrepreneure, au-delà de toutes ses espérances.

Leadership et rayonnement

Le leadership de Cora s’est d’abord déployé dans la sphère économique, par le truchement de la création, de l’exploitation et de l’expansion d’un réseau de franchises, mais il atteint aujourd’hui un rayonnement beaucoup plus grand sans qu’encore une fois la principale intéressée ne l’ait planifié, et qui s’est amplifié depuis qu’elle a laissé sa place à son fils à la présidence, n’agissant, depuis 2008, que comme administratrice, actionnaire de contrôle et porte-parole de l’entreprise.

Ses talents naturels de communicatrice l’ont toujours servie. Même avant cette étape cruciale de transition vers sa vie actuelle, dès les premières années de l’implantation du réseau, le succès des Cora Déjeuners ne passait pas inaperçu. À tel point que le public finit par se demander qui était la personne derrière le nom (le prénom) de l’entreprise. Y avait-il une vraie Cora derrière l’enseigne ? Les journaux se mirent à parler du phénomène, ce qui amena certains journalistes à vouloir interviewer Cora elle-même, puisqu’elle existait bel et bien, en chair et en os. Celle-ci répondait spontanément à leurs questions en toute franchise, racontant volontiers son cheminement inhabituel d’entrepreneure à une époque où les femmes gestionnaires n’étaient pas légion. Le public étonné découvrait une femme énergique, chaleureuse et accueillante.

Cora s’en tirait très bien. Sa spontanéité, son authenticité et sa facilité à s’exprimer lui valurent bientôt une popularité croissante. On se mit à la solliciter pour qu’elle donne son appui à des projets diffusés dans le grand public. Depuis qu’elle a laissé son poste de présidente à son fils, elle aménage son temps autrement. Elle a entre autres accepté de participer à des émissions télévisées conçues pour encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes et de donner son appui à des organismes dédiés à l’avancement des femmes en affaires.

Des causes qui lui tiennent à cœur

« VoirGRAND », une émission télévisée produite par l’animatrice Anne Marcotte, l’a recrutée comme administratrice et membre d’un panel à qui des entrepreneurs en herbe soumettent leurs plans d’affaires2. Diffusées sur le réseau MA.tv (pour l’instant réservé aux abonnés de Vidéotron) une fois par semaine, les émissions, dont la toute première remonte à 2007, permettent à de jeunes entrepreneurs d’avoir accès à des conseils de personnes expérimentées en affaires et à des experts en entrepreneuriat. À chaque émission, le panel accueille les candidats choisis par auditions dans toutes les régions du Québec. À la fin de la série d’émissions, un grand gagnant est désigné lors d’un gala qui couronne la saison. La notoriété de Cora, son jugement sûr et sa spontanéité font d’elle une participante très populaire, dont l’opinion est valorisée par les candidats.

Cora a également accepté de s’associer à une autre cause connexe, celle des femmes entrepreneures. Femmessor est un organisme offrant des services de soutien et de conseil à des jeunes femmes désireuses de fonder leur entreprise3. Répartis sur l’ensemble du Québec, les Femmessors régionaux constituent des fonds d’investissement destinés aux femmes entrepreneures.

Leur mission est d’encourager l’entrepreneuriat chez les femmes en leur offrant des services de financement, d’accompagnement, de formation et de réseautage dans toutes les régions du Québec. Le but connexe est de développer et de promouvoir l’entrepreneuriat féminin comme outil de création d’emplois et de développement économique. Les projets vont du démarrage d’entreprises à l’expansion, jusqu’à la fusion et l’acquisition. Fondé en 2012, l’organisme a mis sur pied un Cercle des ambassadrices au nombre de trente, appelées à servir de modèles aux entrepreneures et d’aide dans la poursuite de leurs projets. Cora Tsouflidou y siège en compagnie d’autres femmes d’affaires connues comme Liliane Colpron, Mariouche Gagné, Danièle Henkel, Christiane Germain, Isabelle Hudon, Monique F. Leroux et Lise Watier.

La troisième cause qui accapare Cora Tsouflidou en dehors de ses responsabilités professionnelles d’administratrice et de porte-parole de Cora Déjeuners est la fondation Cora4, dont l’histoire mérite qu’on s’y attarde.

Le leadership par la philanthropie

Deux jours après la naissance de son premier petit-fils, Alexandre qui pesait six livres, Cora reçut d’une cliente une jarre à biscuits en porcelaine en forme de canard, un souvenir que celle-ci avait sauvé d’un divorce difficile. Encore sous le choc d’être devenue grand-mère la veille de Noël, Cora voulut assurer l’avenir de cet enfant qu’elle aimait déjà. En regardant l’objet, Cora eut l’idée de le placer derrière le tiroir-caisse de son premier restaurant, en prenant l’engagement d’y déposer chaque soir, à la fermeture, le montant de six dollars, correspondant au poids qu’avait l’enfant à sa naissance.

Pendant trois années, Cora resta fidèle à sa promesse. Chaque soir après avoir fait le bilan de la journée, elle déposait six dollars dans le canard. Lorsqu’elle acheta son deuxième restaurant, elle décida qu’elle déposerait chaque soir six dollars par restaurant, soit douze dollars. Avec l’acquisition du troisième restaurant, le montant quotidien s’éleva à dix-huit dollars chaque soir jusqu’en août 1991. À ce moment-là, Cora « emprunta » au canard une partie de l’argent qu’il lui fallait pour acheter son quatrième restaurant. Un an plus tard, Cora avait ouvert cinq autres restaurants et inauguré la première franchise Cora Déjeuners.

Devant le succès commercial de l’entreprise, Cora avait perdu toute inquiétude au sujet de l’avenir pécuniaire du petit Alexandre dont la famille avait maintenant amplement les moyens de subvenir aux besoins actuels et futurs. En 1998, Cora eut l’idée de créer la Fondation Cora qui aurait la mission d’aider les enfants dans le besoin. La valeur de son premier don à l’organisme correspondait au montant qu’elle avait « emprunté » au canard, augmenté des intérêts courus. Elle demanda aux franchisés qui le désiraient de contribuer à la Fondation, qui s’est associée depuis au Club des petits déjeuners du Québec et au Canada Breakfast Club dans le reste du Canada. Leur mission est de fournir des petits déjeuners convenables aux enfants d’écoles situées dans des milieux défavorisés.

Différentes activités caritatives sont planifiées tout au long de l’année, y compris des événements de collectes de fonds, comme la Journée de la crêpe, la Classique de golf, très populaire auprès des franchisés de Cora, et la vente de trousses scolaires. Cora n’hésite jamais à participer activement aux événements parrainés par la Fondation qui porte son nom et qui lui rappelle le joli canard en porcelaine d’Alexandre.

Reconnue par ses pairs

Au fil des ans, la réussite de Cora Déjeuners a été saluée autant par le milieu des affaires en général que par le milieu du franchisage. Déjà en 2001, l’entreprise recevait le Maillon d’or, décerné par le Conseil national sur le franchisage et le partenariat. Deux ans plus tard, elle obtenait le Grand Prix de l’entrepreneur 2002 au Québec, accordé par le cabinet Ernst & Young. Suivront le prix du gouverneur général en 2003, le prix Pinacle et le Tops in Hospitality Award, décerné par le magazine Food Service and Hospitality.


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En 2004, Cora Tsouflidou est intronisée au Temple de la renommée de l’Association canadienne des professionnels de la vente. L’année suivante, ce sera à l’Association canadienne de la franchise (CFA) à lui remettre le prix de son Temple de la renommée. En 2011, l’entreprise du franchiseur figurera parmi les 50 entreprises les mieux gérées. La même année, ce sera au tour du Réseau des femmes d’affaires du Québec de nommer Cora Tsouflidou « Entrepreneure de l’année ». Ajoutons qu’en février 2013, Cora Tsouflidou se voyait remettre la médaille du gouverneur général du Canada pour l’ensemble de ses réalisations et qu’elle recevait, en avril de la même année, le prix annuel de la CFA.

Créativité

Au-delà du rôle social qu’elle a greffé à son leadership de femme d’affaires, Cora continue de se voir comme une écrivaine. En 2001, elle réalisa son rêve d’être publiée en faisant paraître son premier livre, Déjeuner avec Cora5. Un deuxième ouvrage, paru cette fois aux éditions Marcel Broquet6, verra le jour dix ans plus tard. Par ailleurs, on sait que Cora fabrique elle-même ses bijoux, une activité qui représente pour elle une autre voie pour exprimer sa créativité.

Cora épouse, Cora mère, Cora grand-mère, Cora cuisinière, Cora entrepreneure, Cora administratrice, Cora philanthrope, mais aussi Cora écrivaine, Cora joaillière : cette leader confirmée de la restauration du matin a-t-elle encore d’autres cordes à son arc qu’elle nous fera connaître un jour ? La reine des petits déjeuners finira-t-elle jamais de nous étonner ?


Notes

1 Charrette (2013 : 19).

2 Voir le site www.voirgrand.tv/fr.

3 Voir le site www.femmessor.com.

4 Voir le site www.chezcora.com/entreprise/fondation-cora.

5 Tsouflidou (2001, 2010).

6 Tsouflidou (2011).

Références

Cardinal, J. (2014), De Cora à Cora Déjeuners. Une biographie, Presses de l’Université du Québec.

Charette, D. (2013), « La recette d’un succès inespéré », Prestige, novembre, p. 19.

Tsouflidou, C. (2001), Déjeuner avec Cora, Libre Expression.

Tsouflidou, C. (2010), Breakfast with Cora, traduction Comelio, D.M., McArthur & Company.

Tsouflidou, C. (2011), Entre le soleil et moi – Recueil de lettres sur une vie, une réussite, Marcel Broquet éditeur.