Point de vue

Montréal Ville d'affaires depuis 375 ans

Montréal, ville d’affaires depuis 375 ans


Découvrir les entrepreneurs pionniers de Montréal

12/06/2017

Pierre DuhamelMontréal est une ville d’affaires depuis sa fondation, en 1642. Pour étendre leur commerce des fourrures, ses premiers habitants ont été les premiers Européens à explorer un territoire qui couvrait les deux tiers de l’Amérique du Nord. Les premières industries du Canada sont nées à Montréal. Certaines sociétés financières très importantes y ont été créées ou s’y sont établies. Les grands chemins de fer qui ont constitué l’épine dorsale du Canada ont été pensés, financés et construits à partir de Montréal.

Nos pionniers en métro

Rien de tel que de se promener dans les quartiers de Montréal pour se rappeler les noms de ces pionniers. On les trouve partout. Je vous propose donc un tour de métro. Honoré Beaugrand a été maire de Montréal ainsi que fondateur et propriétaire de plusieurs journaux. Charles-Théodore Viau a créé une biscuiterie célèbre. Raymond Préfontaire, lui aussi maire de Montréal, était le gendre de Jean-Baptiste Rolland, fondateur d’une grande papetière. Jean-Louis Beaudry a été un entrepreneur et un des fondateurs de la Banque Jacques-Cartier, un ancêtre de la Banque Nationale.

quote-noir-left Il y a plus de 6 000 rues à Montréal et il serait présomptueux […]de tenter de nommer tous les marchands, propriétaires terriens et industriels qui ont laissé une empreinte toponymique sur des artères ou des endroits particuliers de la ville. quote-noir-right

Poursuivons sur la ligne verte du métro. James McGill, un riche marchand de fourrures, a légué ses terres pour créer l’université qui devait porter son nom. Étienne Guy était le propriétaire des terrains sur lesquels on a tracé la rue Guy au centre-ville. Edwin Atwater, un autre grand propriétaire terrien, a cofondé la Banque d’épargne de la cité et du district de Montréal, aujourd’hui la Banque Laurentienne.

Montréal Ville d'affaires depuis 375 ans

Les rues du centre-ville

Une promenade à pied au centre-ville est tout aussi intéressante. Simon McTavish a fait fortune dans la traite des fourrures, tout comme James Mackay. John Redpath, un des grands industriels du 19e siècle, a notamment fondé la sucrerie qui porte son nom. C’est en mémoire de sa deuxième épouse, Jane Drummond, qu’on a nommé cette rue de l’ouest de la ville.

On trouve dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie des rues qui portent les noms de personnalités légendaires du monde des affaires montréalais. Il y a évidemment la rue Molson, baptisée ainsi d’après John Molson, qui a établi sa brasserie à Montréal en 1786, et la rue Masson, du nom du premier millionnaire canadien-français. Tout près, il y a celle nommée en l’honneur d’Ucal-Henri Dandurand, un des promoteurs immobiliers associés au lotissement résidentiel de Rosemont, qui a aussi été le propriétaire de la première automobile immatriculée au Québec. Cette artère se trouve juste au sud de la rue Holt, nommée en mémoire d’Herbert Holt, associé de Dandurand, qui, de Montréal, a présidé pendant 26 ans aux destinées de la Banque Royale en plus d’avoir été un des pionniers de la production d’électricité et de gaz naturel au Canada.


LIRE AUSSI : Le risque d’entreprendre


Il n’existe pas de rue Gault qui rendrait hommage au fondateur de la Compagnie d’assurance de Montréal, dite du Soleil. Mais si Matthew Hamilton Gault, de la Sun Life, est aujourd’hui à peu près oublié, il y a à tout le moins un hôtel Gault dans le Vieux-Montréal. Il s’agit de l’ancien entrepôt-magasin de la Gault Brothers & Co., une entreprise à l’époque dirigée par Andrew Frederick Gault, frère du précédent et magnat du textile.

quote-noir-left Ucal-Henri Dandurand, un des promoteurs immobiliers associés au lotissement résidentiel de Rosemont, qui a aussi été le propriétaire de la première automobile immatriculée au Québec. quote-noir-right

Des générations d’entrepreneurs

Traversant d’est en ouest plusieurs quartiers de Montréal, la rue Beaubien a été nommée en mémoire de plusieurs générations d’entrepreneurs, propriétaires terriens et professionnels de cette famille encore active aujourd’hui : les de Gaspé Beaubien. La rue Van Horne a été baptisée en l’honneur d’un prénommé William Cornelius, gérant de la construction du chemin de fer transcontinental et président du Canadien Pacifique.

Derrière certains noms de rues se cachent des géants oubliés ou peu reconnus de nos jours. Vous connaissez la rue Augustin-Cantin, à Pointe-Saint-Charles ? L’entreprise de Cantin, la Montreal Marine Works, a autrefois été le plus gros chantier naval de la ville et a employé entre 150 et 250 personnes en 1857. Un agent de la R. G. Dun & Co. écrivit à son sujet que c’était « la plus grosse, la plus complète et la mieux organisée des usines de la ville ».

Au milieu du 19e siècle, Joseph-Octave Villeneuve a été un véritable entrepreneur en série avec un commerce dans le Mile End, une fabrique de savons et de chandelles et une compagnie de transport. Et de qui la rue Durocher, non loin de la rue Villeneuve, tire-t-elle son nom ? Du marchand Jean-Baptiste-Amable Durocher, qui a notamment financé l’entreprise de Fleury Mesplet, premier imprimeur de la ville et fondateur de The Gazette.

Montréal Ville d'affaires depuis 375 ans

Il y a plus de 6 000 rues à Montréal et il serait présomptueux – et trop long ! – de tenter de nommer tous les marchands, propriétaires terriens et industriels qui ont laissé une empreinte toponymique sur des artères ou des endroits particuliers de la ville.

Un dernier nom pour conclure. Un des premiers Montréalais s’appelait Jacques Le Ber. C’était un redoutable homme d’affaires, actif dans la traite des fourrures et la vente de marchandises et copropriétaire de magasins à Québec et à Montréal. Il exportait de la morue aux Antilles et du bois en France. Sa fille, Jeanne Le Ber, a hérité d’une de ses possessions : les deux tiers de l’île Saint-Paul, dans le fleuve Saint-Laurent. Mais les affaires n’intéressaient absolument pas cette grande dévote, qui a cédé la seigneurie à la Congrégation de Notre-Dame. Cette île est devenue, bien entendu, l’île des Sœurs.

On retiendra qu’il existe aujourd’hui un parc Le Ber, dans Pointe-Saint-Charles. Le destin a voulu qu’on y arrive notamment par la rue… Fortune. Ça ne s’invente pas !


L'entrepreneur québécois est un champion

L’entrepreneur québécois est un champion

L’’entrepreneuriat est à la mode, et ce, partout dans le monde. Les gouvernements se rendent compte que l’enrichissement de leurs sociétés et le développement des différentes régions de leur territoire passent nécessairement par l’innovation et par l’audace de […] Lire la suite

Super pdg

Super PDG

Je venais d’être recruté par la Revue Commerce et mon directeur de l’époque m’avait invité à luncher au restaurant du rez-de-chaussée de notre édifice du Vieux-Montréal. Le grand patron de […] Lire la suite

Le risque d’entreprendre

Le risque d’entreprendre

Le Québec vit une nouvelle histoire d’amour avec l’entrepreneuriat. Travailler à son compte est aujourd’hui la carrière idéale pour les Québécois et 42 % des jeunes de 18 à 34 […] Lire la suite


Laisser un commentaire