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Rêver mieux grâce à lʼinnovation

Rêver mieux grâce à lʼinnovation


Numérique : à la rencontre des mondes

31/03/2017

Et si lʼinnovation culturelle passait aussi par la création de partenariats originaux avec des industries étrangères à la sienne? Découverte et rencontrée lors du premier Forum Culture + Numérique tenu à Shawinigan, la start-up Black Artick qui se spécialise en réalité augmentée lʼa bien compris. Lʼentreprise a mis au point une application permettant aux commis de mieux distinguer la fraîcheur des fruits et des légumes. Grâce à elle, les employés peuvent désormais savoir si un fruit ou un légume est mûr ou non. Résultat pour les propriétaires de supermarchés, un chiffre dʼaffaires qui bondit de 40 %.

quote-noir-left Une entreprise innovante aujourdʼhui nʼen est pas une qui a toutes les réponses, mais qui se pose des questions quote-noir-right

Réalité augmentée. Le terme paraît sorcier, mais il nʼen est rien. La réalité augmentée signifie simplement lʼacte « dʼapporter une information nouvelle au monde qui nous entoure grâce à la technologie », explique dʼemblée Lionel Guillaume, président de Black Artick, une start-up spécialisée dans la réalité immersive pour la culture, le tourisme et le marketing.

De multiples applications permettent aujourdʼhui de visiter des lieux touristiques de façon immersive. Autrefois, il y avait les fameux casques dʼécoute. En ce moment, nos appareils intelligents donnent un second souffle aux visites muséales en y ajoutant une couche de réalité à lʼexpérience. La réalité augmentée peut vous faire voir par exemple un château comme il était il y a cinq siècles en superposant la partie du monument manquante au bon endroit grâce à lʼécran de votre téléphone intelligent.

Rêver mieux grâce à lʼinnovation

Là où Black Artick innove, cʼest dans lʼutilisation de cette technologie. « Grâce à la réalité augmentée, nos clients, propriétaires de supermarchés, ont réussi à mieux former leurs commis. Leurs employés savent désormais exactement à quel moment un fruit ou un légume doit être consommé. De plus, ceux-ci peuvent le découper pour optimiser ce produit », explique Lionel Guillaume à la tête de la start-up.

Non seulement le client est satisfait dʼacheter des fruits et légumes parfaitement mûrs et goûteux, mais lʼempreinte environnementale des clients de Black Artick sʼest nettement améliorée puisque la nourriture jetée aux ordures se fait de plus en plus rare. Qui plus est, les employés qui apprennent avec ces technologies sont davantage motivés à rentrer au boulot. « Nous avons constaté un meilleur taux de rétention dans les compagnies faisant appel à la réalité augmentée », sʼenchante-t-il.

Innover pour attirer les talents

« La technologie pose un défi de ressources humaines, de processus, de produits et de chaîne de valeurs », lance Sylvain Carle qui dit en boutade vouloir être reconnu comme étant le « Hubert Reeves du numérique ». Le cas de Black Artick démontre avec force que ces défis peuvent être surmontés.

Il pourrait en effet sʼagir dʼune piste de solution pour certains joueurs plus petits de lʼindustrie du jeu vidéo et du cinéma qui peinent à tirer leur épingle du jeu après de fort belles années. Depuis que les monstres du divertissement ont choisi de sʼinstaller dans la province, plusieurs PME dʼici subissent les contrecoups de lʼarrivée de ces mastodontes du numérique et cherchent une façon de se sortir du marasme.

« Nous formons nos employés et dès quʼils sont excellents, ils nous abandonnent pour une multinationale qui offre de meilleures conditions salariales que nous… cʼest dur, très dur en ce moment! », confesse une patronne préférant garder lʼanonymat. Que faire alors pour retenir ces talents prometteurs au sein des entreprises québécoises? Peut-être quʼà lʼimage de Black Artick une diversification de leurs activités serait féconde?

Rêver mieux grâce à lʼinnovation

« Le numérique détourne notre attention en ce moment, estime pour sa part Sylvain Carle. Or, les gestionnaires doivent saisir lʼampleur du changement organisationnel provoqué par la culture numérique. Les dirigeants dʼentreprises doivent avoir la « compétence interactive » », cʼest-à-dire être prêts à intégrer de nouvelles informations pour prendre de meilleures décisions, lʼinnovation viendra naturellement ensuite.

quote-noir-left Aux entreprises culturelles de se servir du numérique pour sortir de leur zone de confort, lʼinnovation pourrait sʼy trouver. quote-noir-right

Bien sûr, les gestionnaires ne peuvent pas tout savoir. Dʼoù lʼimportance de bien sʼentourer à la fois de natifs du numérique et de gens prêts à apprendre. « Une entreprise innovante aujourdʼhui nʼen est pas une qui a toutes les réponses, mais qui se pose des questions », insiste lʼassocié de Real Ventures qui a aussi été consultant auprès des plus grandes boîtes québécoises. « Une prise de conscience doit se faire. De nombreuses entreprises ne sont pas encore rendues au bord du précipice… », constate Suzanne Gouin, gestionnaire et administratrice aguerrie.

« Software is eating the world », aime dire Sylvain Carle, citant Marc Andreessen, lʼinventeur du premier navigateur web. « Le système du XXe nʼest pas favorable au numérique parce quʼil a pris forme à une autre époque, dans un autre contexte », renchérit-il. Aux entreprises culturelles de se servir du numérique pour sortir de leur zone de confort, lʼinnovation pourrait sʼy trouver.



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