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L’holacratie, ou être mieux servi par soi-même!


Seriez-vous capable de travailler sans patron? Plusieurs entreprises et organisations en font actuellement l'essai.

25/02/2016

À sa simple évocation, on s’y prend à rêver! Une entreprise, une organisation, sans structure organisationnelle formelle, sans autorité, sans patron! En réalité, les choses ne sont certes pas si simples, et la vision de ce qu’est l’holacratie, ce nouveau paradigme de gestion de l’entreprise, demande à être précisée.

Effet de mode ou pas, l’holacratie intrigue et commence à intéresser certaines entreprises. Le concept, américain à la base, a commencé à faire des petits en Europe, en Océanie et même chez nous, comme le signalait Laurence Niosi dans La Presse récemment (lire « Holacratie: pas de boss, pas de problème? »).

De quoi s’agit-il?

holacratieL’holacratie¹ est le fait de Brian Robertson, à l’origine d’une start-up nommée Ternary Software. L’homme était insatisfait des manières traditionnelles de gérer nos entreprises : trop de structures, des processus lourds, et rien pour permettre à l’humain d’exprimer et d’exploiter son plein potentiel². Après avoir planché sur la chose, Brian Robertson décida d’utiliser sa propre compagnie afin de tester son nouveau concept de gouvernance, l’holacratie (voir la vidéo en tête d’article). Au passage, Robertson aura évidemment bien pris soin de breveter la chose et de lancer sa propre boîte de consultation, HolacracyOne, afin d’aider d’autres entreprises ou d’autres organisations à implanter cette nouvelle façon de faire. Un vrai entrepreneur avec le flair en plus, ce Robertson!

Bref, et en simplifiant la chose à son extrême, l’holacratie se fonde sur quelques principes :

  1. Les descriptions de tâches, par essence statiques, sont remplacées par des rôles qui, quant à eux, évoluent au gré des circonstances, des demandes ou des besoins de l’organisation. Ces rôles sont endossés par des employés qui possèdent les capacités et la volonté de le faire. L’autorité ne provient dès lors plus du supérieur hiérarchique ou du poste que ce dernier occupe, mais émane du rôle. Le fait, donc, d’être investi d’un rôle donne temporairement à la personne concernée pleine autonomie et plein pouvoir sur son travail. Cette dernière devra évidemment respecter les limites de ce rôle sans empiéter sur le rôle du prochain, et rendre des comptes quant aux résultats à atteindre;
  2. Un ou plusieurs rôles constituent un cercle au sein de l’entreprise ou de l’organisation. Un cercle n’est pas restreint à une fonction de l’entreprise (comptabilité, ventes, marketing, ressources humaines, etc.), mais cherche davantage à englober plusieurs compétences afin de remplir au mieux le rôle qui lui est assigné. Les cercles s’imbriquent hiérarchiquement au sein de l’organisation, à la manière d’une poupée gigogne. Des représentants des cercles inférieurs sont également représentés dans les cercles supérieurs.
  3. Les cercles sont autonomes dans les décisions qu’ils prennent, en concordance évidemment avec les décisions prises par les cercles constitués au niveau supérieur. À l’intérieur du cercle, les employés ont la possibilité d’énoncer des propositions afin de résoudre les problèmes qui surviennent quant à l’alignement entre les objectifs visés et les résultats constatés
  4. Tout le fonctionnement holacratique de l’entreprise ou de l’organisation est couché noir sur blanc dans une constitution, qui constitue dans les faits les « règles du jeu » auxquelles tous et chacun sont astreints.

Et ça fonctionne?

On le conçoit aisément, un tel modus operandi n’est pas applicable dans tous les contextes organisationnels. Qu’en est-il dans la réalité? Est-ce que l’holacratie peut réellement apporter une réelle valeur aux entreprises et aux organisations qui l’appliquent en leurs murs? Demain, Gestion passe de la théorie à la pratique et vous relate le cas de certaines entreprises qui ont adopté l’holacratie.

Demain, sur le site Internet de Gestion« L’holacratie, la panacée de nos maux organisationnels? »

¹ Le mot est composé de deux étymons grecs : ὅλον, « holon », signifiant « entier » (comme dans hologramme) et κράτος, « krátos », qui signifie « pouvoir ».

² Sur la genèse de l’holacratie, nous vous recommandons de visionner le TEDx Talk de Brian Robertson intitulé « Holacracy: A Radical New Approach to Management ».     



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