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L’économie circulaire pourrait valoir des trillions de dollars d’ici quinze ans.

22/10/2015

L’idée n’est certes pas neuve, mais elle commence à faire son chemin peu à peu, un chemin qui pourrait s’élargir rapidement. L’économie circulaire, cette nouvelle conception de la production de biens et services cherchant à limiter l’utilisation et le gaspillage de matières premières et d’énergie, a le vent dans les voiles. Un récent rapport de la firme Accenture intitulé Waste to Wealth: Creating advantage in a circular economy prédit en effet à l’économie circulaire une croissance spectaculaire. D’ici 2030, cette dernière pourrait valoir à elle seule environ 4,5 trillions de dollars américains. Voilà qui ne manquera pas d’intéresser bon nombre d’entrepreneurs. Mais attention! Mettre le pied dans l’économie circulaire, c’est d’abord et avant tout, prévient Accenture, changer totalement de paradigme sur la manière de produire. C’est essentiellement passer du « take, make, waste » au « take, make, take, make, take, make ».

Mais encore… L’entrepreneur séduit par l’idée de l’économie circulaire se demandera peut-être quel type d’entreprise il pourra mettre sur pied, quel modèle d’affaires pourrait s’accorder avec la philosophie et les principes de l’économie circulaire? Encore ici, Accenture identifie, dans le rapport ci-haut mentionné, cinq caractéristiques qui définissent et balisent déjà l’économie circulaire.

  • Des entreprises intégrant la chaîne logistique circulaire utilisent des matières premières renouvelables, recyclables ou biodégradables afin de produire les biens et services qu’elles mettent à disposition de leur clientèle. L’avantage? La firme McKenzie l’a bien démontré (lire leur analyse intitulée « From supply chains to supply circles »): une demande accrue pour les matières premières mène à une plus grande volatilité sur les prix de ces dernières, réduisant la capacité des entreprises de générer du profit. McKenzie estime que les entreprises européennes pourraient économiser jusqu’à 380 milliards d’euros d’ici moins de quinze années en adoptant une telle chaîne logistique;
  • Certaines entreprises récupèrent et recyclent leurs déchets, tout comme elles rapatrient leurs produits obsolètes afin de capturer la valeur résiduelle des composantes ou des matériaux qu’on y trouve;
  • Dans le même esprit, certaines autres entreprises travaillent, quant à elles, dans une perspective d’allongement de la vie des produits. L’entreprise d’insertion sociale montréalaise Insertech Angus, par exemple, récupère du matériel informatique qu’elle répare ou met à jour et revend, tout en fournissant une formation et du travail à des jeunes en processus d’insertion professionnelle.
  • Accenture signale que 80 % des objets contenus dans un foyer ne sont utilisés qu’une seule fois par mois. Pourquoi ne pas rendre disponible de tels objets par l’entremise de plateformes de partage? C’est le principe à la base du succès de Uber ou Airbnb.
  • Plutôt que de vendre un produit et de se départir de la responsabilité de ce dernier une fois dans les mains du client, pourquoi les entreprises ne demeureraient-elle pas propriétaires de leurs produits? Prenons le cas de Michelin, tel que relaté par Paul Lanoie et Daniel Normandin dans nos pages récemment (lire leur article « Au-delà de ses vertus environnementales, un modèle d’affaires : l’économie circulaire »):

« Et si, au lieu de vous offrir des pneus, on vous proposait de chausser votre voiture? Qu’on ne vous vendait plus un produit que vous deviez vous-même entretenir, mais qu’on vous proposait plutôt une gamme de services plus étoffée, verte de surcroît? C’est ce que propose la célèbre entreprise de pneus Michelin avec son programme Fleet Solution : elle établit l’habillage de vos roues en fonction d’un prix au kilométrage, s’assure par télémétrie que vos pneus sont toujours gonflés à la pression optimale pour, du coup, en réduire l’usure et faire baisser votre consommation d’essence. Puisqu’elle demeure propriétaire du précieux pneumatique, même en fin de cycle, Michelin change la bande de roulement du pneu usé lorsque c’est possible ou récupère le pneu pour en réutiliser la matière première. Le cycle de vie se prolonge. Vous y gagnez. Et Michelin y gagne également en réduisant les coûts initiaux de matière première et en fidélisant ses clients. »

On le constate, l’économie circulaire demande de penser et de faire autrement. Des efforts seront donc requis afin d’adopter les prémisses d’un tel paradigme. Mais pouvons-nous réellement faire l’économie de ces efforts, compte tenu des contraintes environnementales et énergétiques criantes? Vous avez déjà la réponse en tête…



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