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Le bitcoin : y penser ou le dépenser?


La nouvelle monnaie virtuelle suscite de l'espoir, et bien de la méfiance!

24/11/2015

À l’instar de l’Internet sur lequel il s’appuie, le bitcoin se promet bien de, lui aussi, mener sa grande révolution, mais dans le monde de la finance et des devises monétaires. Quel est donc ce nouveau venu qui intrigue et inquiète à la fois?

Le bitcoin est une monnaie totalement virtuelle. Créée au Japon en 2009 par un énigmatique personnage que nul n’a vu ni rencontré depuis, Satoshi Nakamoto, le bitcoin essaime lentement, mais sûrement. Tant les particuliers que les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à l’utiliser dans leurs échanges commerciaux. En cette fin novembre, par exemple, le nombre de transactions quotidiennes effectuées avec des bitcoins oscillait autour de la marque des 150 000, pour une valeur estimée, encore là quotidiennement, à environ 100 millions de dollars américains¹.

Si le bitcoin séduit de plus en plus, c’est que les principes qui le sous-tendent semblent plaire à ces utilisateurs qui l’adoptent pour des raisons certes économiques, mais également philosophiques. Le bitcoin se présente en effet comme une monnaie « démocratique » qui ne nécessite en effet la présence d’un intermédiaire, l’État et sa banque centrale en l’occurrence, pour le réguler. ExergueDonc, aucune intervention de la part des autorités gouvernementales afin d’en influer le cours, et, surtout, aucun intermédiaire bancaire pour imposer des frais sur les transactions ou flux financiers entre acteurs personnels ou institutionnels.

D’autre part, l’un des principaux attraits de cette monnaie virtuelle réside dans la sécurité et l’anonymat pour ses détenteurs. Nous savons tous à quel point la fraude constitue, en cette ère de technologie avancée, une plaie importante. L’Association des banquiers canadiens nous apprend à ce chapitre qu’en 2014, le montant des fraudes par cartes de crédit et carte de débit s’élevait à plus d’un demi-milliard de dollars, entre autres parce que les données personnelles transitent par une banque ou un émetteur de cartes de crédit. Avec le bitcoin, rien de cela! Une transaction monétaire entre deux entités s’établit sur un mode poste-à-poste (peer-to-peer) et totalement crypté, du début à la conclusion de la transaction. Mais le principal argument de vente du bitcoin, c’est l’existence de la chaîne de blocs (blockchain) une vaste base de donnée publique qui enregistre, tel qu’on le ferait dans un grand livre comptable, toutes les transactions effectuées avec des bitcoins. Comme nous l’explique Yves Eudes sur le site Internet du quotidien Le Monde : « La blockchain est gérée et stockée collectivement, en temps réel, par l’ensemble de ses utilisateurs, ce qui élimine les risques de fraudes et d’erreurs. Contrairement à une base de données ordinaire, elle ne peut pas être modifiée a posteriori. En outre, au-delà de son usage strictement monétaire, une blockchain peut servir à créer, authentifier, stocker et publier n’importe quel type de transaction. »

Résumer l’essence et la portée du bitcoin dans le cadre d’un court article tel que celui-ci est un exercice ardu (pour en connaître davantage, voir la vidéo en tête d’article). Toutefois, les instances gouvernementales, elles, sont bien au fait de la nature et des effets potentiels du bitcoin sur les systèmes monétaires en place. Cette perte de contrôle d’une partie des flux financiers ne manque pas d’inquiéter. Mais tout porte à croire que cette nouvelle monnaie virtuelle est là pour rester, si l’on en juge par la réaction de certains gouvernements, et non les moindres, qui ont décidé de réglementer l’utilisation du bitcoin, reconnaissant de facto son importance dans le système monétaire actuel.

¹ Source: https://blockchain.info/fr/stats   



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