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Gaspillage alimentaire : la technologie à la rescousse


Parce qu'il y a urgence d'agir!

05/07/2016

La problématique est criante, rappelle la Food and Agriculture Organization (FAO), l’organisme onusien en charge des questions alimentaires. Et les statistiques ont de quoi faire frémir, et réfléchir à la fois. Toujours selon la FAO, il se perd chaque année 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires à l’échelle du globe, ce qui représente le tiers de toute la nourriture produite annuellement sur la Terre! Ainsi, 45 % des fruits, des légumes, des racines et des tubercules produits sont perdus. Il en va de même pour les produits de la mer (dont 35 % sont rejetés), les céréales (30 % de rejets, soit 286 millions de tonnes), la viande (20 % de rejets, ou 263 tonnes) et les produits laitiers (20 % de rejets). Clairement, il y a quelque chose à faire afin de réduire, voire même d’enrayer, ce gaspillage éhonté. Car au-delà des quantités d’aliments envoyés dans nos poubelles, dans nos bennes à ordures et dans nos composteurs, ne perdons pas de vue toute l’énergie et les ressources qui sont ainsi employées en pure perte.

Internet pour nos assiettes!

Certains ont vu dans cette désolante situation un double défi: celui de contribuer à la réduction du gaspillage alimentaire tout en faisant de bonnes affaires. Et c’est par l’entremise de la technologie qu’ils y sont parvenus.

OlioPrenez par exemple le site Internet Olio, une plateforme de partage de nourriture, comme il en existe de semblables avec d’autres produits ou d’autres services. Le principe est donc familier. Vous avez une série de conserves qui prennent la poussière dans le garde-manger, et dont vous ne vous servirez éventuellement pas? Vous prenez une photo des articles en question, vous les téléversez via l’application Internet, et vous attendez les offres des autres Olioers. Si le don est fortement recommandé, il est toujours possible d’afficher un prix pour les produits placés sur Olio, mais il est suggéré que ce dernier n’excède pas 50 % de la valeur d’achat. Très simple, convivial, et en plein dans l’esprit de l’économie du partage.

Dans la mesure où l’on ne peut améliorer que ce que l’on mesure, l’entreprise britannique Winnow a trouvé le vecteur par excellence afin de réduire le gaspillage alimentaire, à savoir l’information. Comme l’illustre la vidéo en tête d’article, l’entreprise, qui s’adresse essentiellement au secteur commercial, propose aux restaurants et aux hôtels d’installer une interface Winnowdans la cuisine, sous forme d’écran tactile. Les membres de la brigade en cuisine sont invités, dans le feu de l’action, à peser les aliments ou les restes à jeter, puis à consigner l’information (type d’aliment, poids, volume ou quantité) par l’entremise de l’écran. Cette opération s’effectue en quelques secondes à peine. Les informations ainsi colligées sont ensuite transmises par l’infonuagique à Winnow, qui produira un rapport des pertes. Puis, retour à la cuisine, où ces données sont ensuite communiquées au chef et à ses cuistots. Identification des rejets, comparaisons avec d’autres établissements, utilisation des meilleures pratiques et, surtout, éducation et sensibilisation auprès de tous les acteurs au sein de la cuisine : autant d’éléments qui contribuent à une meilleure gestion des inventaires pour ces établissements. Avec son procédé, Winnow affirme avoir fait ainsi économiser plus de deux millions de livres (3,4 millions CAD) à ses clients depuis le début de ses activités.

Le capteur du système Xsense, de BT9.
Le capteur du système Xsense, de BT9.

Dernier exemple, celui-là à plus grande échelle. Une bonne partie du gaspillage en matière alimentaire survient également dans la chaîne de production, du producteur, en passant par le distributeur, le grossiste puis le marchand. Qu’à cela ne tienne, la firme israélienne BT9 offre à tous les acteurs de la chaîne son système Xsense. Un capteur est placé dans chaque palette de produits périssables, que l’on parle de fruits, de légumes, de viande, de produits laitiers, de produits surgelés ou même de médicaments. Ce capteur transmet à une balise toutes les données relatives à la température et à l’humidité relative du lot. Un changement à l’un de ces paramètres pourrait indiquer, par exemple, que quelques fruits d’un lot donné sont en voie de se gâter. En disposant d’une telle information en temps réel, un opérateur peut ainsi retirer du lot les coupables, sacrifiant ainsi quelques spécimens et préservant la majeure partie du lot.

De très belles avancées technologiques, mais qui ne doivent pas nous faire perdre de vue que la solution la plus efficace au gaspillage alimentaire se trouve d’abord et avant tout dans nos manières d’acheter et de consommer…



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